Comment l'attention du tout-petit se construit-elle ?
Le bébé ne sait pas encore se concentrer seul. Pendant ses 1 000 premiers jours, c'est la relation avec l'adulte qui l'aide à bâtir son attention, rappelle le n°23 d'Innovation en Éducation.
Tiré du magazine · n°23Problème d’attention, le nouveau mal du siècle ?
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Elle se construit dans la relation. Durant ses 1 000 premiers jours, le bébé ne sait pas encore maintenir son attention seul : c'est l'adulte, par les échanges, les jeux et les encouragements, qui l'aide à développer cette capacité. C'est le message de la rubrique consacrée aux premiers mois dans le n°23 d'Innovation en Éducation, conçue avec l'association Ensemble pour la Petite Enfance.
Deux systèmes d'attention chez le jeune enfant
L'article part d'une distinction que beaucoup de parents ignorent : le tout-petit dispose de deux systèmes d'attention. Le premier, involontaire, réagit à ce qui surgit, un bruit, un mouvement, une lumière. Le second, volontaire, lui permet de rester sur ce qu'il a choisi de faire. C'est ce second système qui sert la mémoire et les apprentissages, et c'est lui qui demande du temps pour se mettre en place.
« Le bébé, qui ne peut se concentrer durablement seul, dépend de l'adulte pour stimuler ses capacités et l'aider à développer son cerveau. »
L'attention volontaire ne se décrète pas. Elle se forme au fil d'expériences variées et répétées, où l'enfant cherche, imagine, construit, rate et recommence. Les tâtonnements y ont toute leur place, pourvu que l'enfant reste aux commandes de sa découverte. Le rôle de l'adulte, dans cette perspective, n'est pas de faire à sa place mais d'aménager un environnement où ces expériences deviennent possibles, et de l'encourager quand il s'y lance.
Que se passe-t-il devant un écran ?
L'article est clair sur ce point : les images rapides et lumineuses d'un écran sollicitent surtout l'attention réflexe, celle qui est attirée malgré soi. Pendant ce temps, l'attention volontaire, celle dont le tout-petit a besoin pour apprendre, ne s'exerce pas. L'article énumère les effets que l'on peut alors observer, de l'agitation à la difficulté de se concentrer, en passant par un goût moindre pour l'exploration.
Ce constat ne vise pas à culpabiliser des parents qui, comme tous les parents, composent avec la fatigue et des journées bien remplies. Il rappelle ce que l'écran ne peut pas offrir à cet âge : un échange qui s'ajuste en permanence à l'enfant. Un autre article du numéro, consacré à l'attention au quotidien, rappelle d'ailleurs la recommandation de l'Organisation mondiale de la santé : pas d'écran avant 3 ans.
Le coucou-caché, un vrai exercice d'attention
La note la plus encourageante de l'article tient dans un jeu que tous les parents connaissent. Le coucou-caché est un jeu d'attention conjointe : le bébé et l'adulte sont tournés ensemble vers la même chose. Quand le geste se répète, l'enfant reste entièrement mobilisé, il guette le retour du visage, et comprend peu à peu que l'adulte réapparaît à chaque fois.
Ce jeu tout simple travaille ainsi l'attention longue et focalisée, tout en nourrissant le lien d'attachement. L'article y voit un bénéfice supplémentaire : en se sentant regardé avec intérêt, le tout-petit construit le sentiment qu'il compte, ce qui soutient son estime de lui-même. Le plaisir pris à la relation lui donne aussi envie d'y revenir.
Un tableau pour comparer
La double page se termine par un tableau qui met en regard, pour plusieurs besoins de l'enfant (sécurité affective, découverte par les sens, créativité, gestion des émotions), ce qu'apporte l'interaction humaine et ce que produit l'écran. On y croise notamment la notion de technoférence : ces moments où l'appareil d'un adulte interrompt l'échange avec l'enfant. Un support simple, qui peut nourrir une discussion entre parents ou entre professionnels de la petite enfance.
L'ensemble rappelle une idée que l'on retrouve dans tout le numéro : l'attention n'est pas un don que l'on a ou que l'on n'a pas. Elle se cultive, et cela commence très tôt, dans les gestes les plus ordinaires de la vie de famille.
Questions fréquentes
Un bébé peut-il se concentrer seul ?
Pas durablement. Selon l'article, le tout-petit a besoin de l'adulte pour stimuler et développer ses capacités d'attention, au fil des échanges et des jeux partagés.
Quelle différence entre attention volontaire et involontaire ?
L'attention involontaire est captée par ce qui surgit : un bruit, une lumière, un mouvement. L'attention volontaire permet de rester sur ce qu'on a choisi de faire ; c'est elle qui sert la mémoire et les apprentissages.
Quels jeux aident un bébé à développer son attention ?
Les jeux d'attention conjointe, où l'adulte et l'enfant se concentrent ensemble sur la même chose. Le coucou-caché en est l'exemple le plus connu.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le tableau complet qui compare, besoin par besoin, ce qu'apporte l'interaction humaine et ce que produit l'écran.
- Les effets possibles d'une exposition précoce aux écrans sur l'attention du tout-petit.
- Ce qui, dans le quotidien de l'enfant, nourrit son attention volontaire : questions, initiatives, encouragements.
- La présentation de l'association Ensemble pour la Petite Enfance et de sa rubrique consacrée aux 1 000 premiers jours.
n°23 · Problème d’attention, le nouveau mal du siècle ?
Version papier : épuisée pour le moment
