Comment aider son enfant à développer son attention ?
L'attention s'entraîne, comme un sport, et l'adulte en est le coach. Dans le n°23 d'Innovation en Éducation, Karine Bressand passe en revue ce qui, dans la vie de tous les jours, l'aide à grandir.
Tiré du magazine · n°23Problème d’attention, le nouveau mal du siècle ?
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En agissant sur son quotidien, bien plus que par un entraînement particulier. Pour Karine Bressand, docteure en neurosciences, l'attention se travaille comme une compétence sportive, et l'adulte en est l'entraîneur : par l'exemple qu'il donne, les jeux qu'il propose, la place qu'il laisse à l'ennui, au mouvement et au sommeil. Elle le détaille dans le n°23 d'Innovation en Éducation, avec des pistes qui valent pour la maison comme pour la classe.
Une compétence qui s'entraîne
L'autrice ouvre son article sur une image venue des Jeux paralympiques : le cécifoot, où des joueurs malvoyants se repèrent au son des grelots du ballon pendant que le public doit garder le silence. Être attentif, c'est cela : rester tourné vers une seule chose en tenant à distance ce qui pourrait détourner, le bruit extérieur comme ses propres pensées. Pas si facile, reconnaît-elle, mais cela progresse avec l'entraînement, comme n'importe quelle capacité physique.
Elle rappelle au passage que l'attention est fragile. Le stress, les émotions fortes, la fatigue, l'hygiène de vie et les sollicitations permanentes la font varier au fil de la journée. Et le multitâche, que notre époque encourage, n'est pas ce pour quoi notre cerveau est conçu.
Un enfant distrait a-t-il un trouble de l'attention ?
Pas forcément, et Karine Bressand invite à la prudence. On peut être distrait simplement parce que son attention est occupée ailleurs, sans avoir perdu la capacité de se concentrer. Le trouble du déficit de l'attention est un trouble du neurodéveloppement qui demande un diagnostic posé par un professionnel ; il ne se devine pas au détour d'une soirée de devoirs difficile. Un autre article du numéro aide justement à distinguer difficulté de concentration et TDAH.
Ce que l'enfant écrirait sur sa pancarte
Le cœur de l'article repose sur une idée simple. Aux matchs de cécifoot, des bénévoles brandissent des panneaux pour obtenir le silence du public. Karine Bressand imagine ce qu'un enfant écrirait sur les siens pour qu'on l'aide à être attentif. Dix pancartes suivent ; en voici trois.
« Fais attention à moi ! » L'attention qu'on accorde à l'enfant lui sert de modèle. Se mettre à sa hauteur quand il parle, ou au moins se tourner vers lui, lui montre ce que veut dire écouter vraiment. Les enfants savent d'ailleurs très bien signaler quand un adulte est là sans être tout à fait présent.
« Apprends-moi à patienter ! » Les jeux où l'on attend son tour exercent le contrôle inhibiteur, cette capacité à se retenir d'agir qui soutient l'attention dans la durée. L'autrice évoque la célèbre expérience du marshmallow et plaide pour une éducation qui tienne ensemble la douceur et les attentes.
« La bienveillance doit être associée à l'exigence, que ce soit dans l'éducation ou dans l'apprentissage, cela va stimuler le cerveau et donc l'entraîner. »
« Laisse-moi m'ennuyer ! » Quand un enfant se plaint de ne rien avoir à faire, la tentation est grande de remplir le vide. Karine Bressand invite à s'en garder : l'ennui sollicite un mode de fonctionnement du cerveau, dit « par défaut », qui aide à consolider ce qui a été appris et laisse de la place à l'imagination.
Les autres pancartes parlent d'histoires racontées, de lecture, de jeu, d'autonomie dans les gestes du quotidien, de mouvement, de sommeil et d'alimentation. Chacune s'accompagne de pistes concrètes, à retrouver dans le magazine.
Et les adolescents ?
L'article consacre une partie aux ados, dont le cerveau tourne à plein régime sans disposer encore de toutes ses capacités de contrôle, qui n'arrivent à maturité que vers 25 ans. L'autrice compare la situation à une voiture de course confiée à quelqu'un qui n'a pas encore son permis. Plus sensibles aux récompenses immédiates, les adolescents sont aussi plus exposés aux applications conçues pour retenir leur attention, que décrit le mentaliste Fabien Olicard dans un autre article du numéro.
Face aux écrans, Karine Bressand ne prône ni le laisser-faire ni la guerre ouverte. Elle propose de partir d'une prise de conscience partagée, parents compris, puis de quelques règles claires tenues dans la durée, en gardant de la souplesse sur le reste. Elle invite aussi à valoriser les comportements positifs plutôt qu'à punir. Et elle insiste sur ce qui lui paraît le plus important : l'enfant se construit beaucoup en imitant les adultes qui l'entourent.
Questions fréquentes
Comment aider un enfant à être plus attentif à la maison ?
En lui accordant soi-même une attention pleine, en jouant avec lui, en le laissant faire seul les gestes du quotidien, et en préservant son sommeil et ses moments d'ennui. Karine Bressand détaille ces pistes dans le n°23.
L'ennui est-il bon pour les enfants ?
Selon la neuroscientifique, oui : il sollicite un mode de fonctionnement du cerveau utile pour consolider les apprentissages et stimuler l'imagination et la créativité.
Un enfant souvent distrait a-t-il forcément un TDAH ?
Non. La distraction peut venir d'une attention occupée ailleurs. Seul un professionnel peut poser un diagnostic de trouble de l'attention.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les dix pancartes de l'enfant, chacune avec ses conseils pratiques : lecture, jeu, autonomie, mouvement, sommeil, alimentation.
- Ce que dit la recherche sur la méditation de pleine conscience pour entraîner l'attention, avec des références de lectures pour les petits et les grands.
- Les règles d'usage des écrans que l'autrice applique chez elle, et les repères recommandés selon l'âge.
- Un passage sur le cerveau adolescent et sa sensibilité aux récompenses immédiates.
- Les références des études citées, de l'expérience du marshmallow aux travaux de Stanford sur le multitâche.
n°23 · Problème d’attention, le nouveau mal du siècle ?
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