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Et si les devoirs se faisaient à l'école⁠ ⁠? L'expérience de ZUPdeCO

Les devoirs, inutiles ou indispensables⁠ ⁠? Dans le n°16 d'Innovation en Éducation, François-Afif Benthanane raconte comment une association de terrain a imaginé l'aide aux devoirs à l'école.

Le n°16 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°16Libertés pédagogiques (mode d'emploi) Voir ce numéro

Donner ou non des devoirs fait partie de la liberté pédagogique des enseignants. Au-delà de cette question, François-Afif Benthanane en pose une autre : où et avec qui les enfants devraient-ils les faire ? Entrepreneur social, fondateur de l'association ZUPdeCO, qui lutte contre le décrochage scolaire, il raconte dans le n°16 d'Innovation en Éducation comment une action locale a fini par inspirer le programme national Devoirs faits.

Pourquoi plaide-t-il pour des devoirs faits à l'école ?

Son point de départ est l'égalité. Il note que plus de 90 % des communes françaises ont moins de 3 500 habitants, et que beaucoup de collégiens rentrent tard par le bus. Le soir, au lieu de se détendre ou de pratiquer une activité, ils refont à la maison ce qu'ils ont étudié dans la journée. Les devoirs riment souvent avec tensions, et tous les parents n'ont ni le temps ni les connaissances pour aider. Quant à l'aide privée, elle n'est accessible qu'à une partie de la population, ce qui creuse l'écart.

« Quand je dis que les devoirs sont inutiles, je le dis surtout parce qu'on n'a pas le cadre approprié pour les faire à domicile. »

François-Afif Benthanane, entrepreneur social, fondateur de ZUPdeCOExtrait du n°16, p. 55

Sa position n'est pas contre le travail personnel : il parle de révisions faites en milieu scolaire, afin que les parents puissent jouer leur rôle de parents plutôt que de répétiteurs. Il cite d'ailleurs des enseignants qui ne donnent pas de devoirs parce qu'ils les font faire en classe, sur les quinze dernières minutes du cours. Ce que décrit l'entretien, c'est un point de vue d'acteur de terrain, et le magazine publie d'autres regards sur les devoirs.

Comment une idée locale devient-elle nationale ?

C'est le fil du récit. L'association a commencé par entrer dans un collège, puis dans deux, jusqu'à une centaine d'établissements. Le principe : les enseignants indiquent les élèves à accompagner, des étudiants viennent les aider quelques heures par semaine, et des jeunes en service civique coordonnent l'ensemble. Les chefs d'établissement constatent des progrès, plus de confiance chez les élèves, un climat plus calme. L'association emmène aussi les collégiens visiter des universités, pour leur donner un horizon concret.

Puis un ministre s'empare de l'idée, qui change de nom et devient Devoirs faits. François-Afif Benthanane y voit un exemple des politiques publiques qui partent souvent du terrain, d'innovateurs sociaux qui ont créé quelque chose avant que l'État ne le généralise.

« Aucune association ne peut décoller à l'échelle nationale sans l'État. »

François-Afif Benthanane, entrepreneur social, fondateur de ZUPdeCOExtrait du n°16, p. 56

Les résultats, selon lui, tiennent à la régularité : deux ou trois séances par semaine, dans une salle réservée, avec des élèves choisis par les enseignants. L'association dit procéder sans bruit, sans prétendre remplacer l'école, en s'appuyant sur ce que les enseignants demandent.

Pourquoi confier cet accompagnement à des étudiants ?

Le fondateur raconte que des enseignants lui répondaient d'abord que cette tâche leur revenait, à eux ou à l'État. Sa réponse : un enseignant sait gérer un groupe de trente élèves, ce serait dommage de gâcher ce talent en s'occupant d'un élève à la fois. Il propose de confier l'accompagnement individuel à des étudiants, nombreux à avoir profité de l'école publique pendant plus de quinze ans, et qui pourraient consacrer une demi-journée à une action sociale de leur choix. Il admet que, dans les faits, c'est plus complexe.

Que retenir pour sa propre situation ?

L'entretien est avant tout un récit d'initiative. L'interviewer le relève : on peut avoir la tentation d'attendre que le changement vienne d'en haut, ou le budget, et de se résigner. Ici, un besoin a été identifié, une action locale a été conçue pour être reproductible, puis l'institution s'est ouverte. Le fondateur déplore aussi la bataille entre public et privé, et plaide pour que chacun aille chercher le meilleur de l'autre.

Le magazine ajoute un encadré de chiffres sur Devoirs faits, ainsi que la présentation de son invité, qui a grandi dans une fratrie de huit enfants dans une cité de Blois.

Questions fréquentes

Que sont les Devoirs faits ?

Un dispositif de l'Éducation nationale, né après l'initiative de ZUPdeCO, où des collégiens font leurs devoirs à l'école avec un accompagnement. Le n°16 en donne les chiffres de fréquentation.

Les devoirs sont-ils inutiles ?

François-Afif Benthanane ne dit pas cela : il estime surtout qu'on n'a pas le cadre approprié pour les faire à la maison, et plaide pour des révisions en milieu scolaire.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°16

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. Le récit complet du parcours de François-Afif Benthanane, de ZUPdeCO à Devoirs faits.
  2. Le fonctionnement concret du dispositif, du repérage des élèves à la visite des universités.
  3. Les chiffres de Devoirs faits dans un encadré.
  4. Ses réflexions sur le rapport entre public et privé et sur le rôle des innovateurs sociaux.
Couverture du n°16
Pour lire l'article en entier

n°16 · Libertés pédagogiques (mode d'emploi)

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