Devoirs à la maison : comment les rendre plus sereins et plus efficaces ?
Les devoirs ne sont pas toujours un moment facile, ni pour les enfants, ni pour les parents. La neuropsychologue et dessinatrice Antoinette Raucent livre dix conseils appuyés sur le fonctionnement du cerveau.
Tiré du magazine · n°8Maitriser la "neuroéducation"
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Pour que les devoirs se passent mieux, la neuropsychologue Antoinette Raucent conseille de s'appuyer sur la façon dont le cerveau fonctionne : une routine prévisible pour se mettre en route, un environnement débarrassé des distractions, les tâches les plus exigeantes en début de séance, et un climat d'encouragement plutôt que de pression. Son idée directrice est simple : un enfant apprend mieux quand il comprend ce qu'il fait, qu'il y prend un peu de plaisir et qu'il se sent en sécurité.
Neuropsychologue à Bruxelles, Antoinette Raucent accompagne des jeunes et leurs parents, notamment autour des troubles des apprentissages, de la mémoire et de l'attention. Passionnée de sketchnoting, cette prise de notes dessinée, elle a fourni et illustré elle-même les dix conseils publiés dans le n°8 d'Innovation en Éducation. En voici trois, pour donner l'esprit de la liste.
Pourquoi instaurer une routine des devoirs ?
Parce que le cerveau traite plus facilement ce qu'il connaît et peut anticiper. Une routine avec une heure de début et une heure de fin, fixées à l'avance après le goûter, aide l'enfant à se préparer mentalement et facilite la mise en route. Elle lui permet aussi de surveiller lui-même le temps, ce qui nourrit son autonomie.
La neuropsychologue suggère de courtes pauses quand l'attention faiblit (boire un verre d'eau, bouger un peu), et de répartir le travail de la semaine sur plusieurs jours plutôt que de le concentrer.
Comment limiter les distractions ?
Chaque distraction a un coût. Face à un bruit, un objet ou un écran qui s'allume, l'enfant doit faire l'effort de mettre de côté ce qui n'est pas utile, et cet effort pèse sur ses ressources. D'où l'intérêt de réduire au maximum les sollicitations : téléphone en mode avion, télévision éteinte, bureau dégagé, passages limités dans la pièce. Une pièce à l'écart est souvent plus propice qu'un lieu de vie, et préparer ses affaires à l'avance évite de se lever sans cesse.
Par quoi commencer ?
Les devoirs ont presque toujours lieu en fin de journée, quand l'attention s'émousse. Antoinette Raucent propose donc de commencer par ce qui demande le plus d'effort, en gardant les exercices plus faciles ou plus ludiques pour la fin. Si la motivation baisse, on peut alterner les tâches exigeantes et les plus légères.
« Le cerveau apprend mieux quand il comprend et qu'il met du sens sur les apprentissages. »
Que contiennent les autres conseils ?
Les sept autres pistes de la liste touchent au sens des apprentissages, au corps, à la motivation, à la diversité des méthodes et à l'attitude de l'adulte. Sans les détailler, on peut en dire l'esprit. La neuropsychologue invite à relier une notion abstraite à des situations concrètes, à laisser bouger les enfants qui en ont besoin, à varier les façons de réviser, et à faire du bilan de la séance un dialogue plutôt qu'un jugement. Elle aborde aussi la question délicate de la motivation : il est tentant de promettre un écran ou un dessert, mais elle encourage surtout à aider l'enfant à trouver ce qui le motive de l'intérieur, une forme de motivation qui dure davantage.
Elle termine sur le plaisir, avec une phrase qui résume bien son propos :
« Nous apprenons mieux quand nous aimons ce que nous apprenons (et c'est chimique !). »
Et elle ajoute une note rassurante pour les familles : chaque enfant avance à son rythme, et celui qui bloque aujourd'hui sur une matière finira par y arriver.
Ces conseils font écho à plusieurs articles du même numéro : le rôle du corps est approfondi dans l'article sur le mouvement et les apprentissages, et les stratégies de mémorisation dans l'entretien avec la neuropsychologue Annie Sanscartier.
Questions fréquentes
Combien de temps doivent durer les devoirs ?
L'article ne fixe pas de durée, mais conseille de délimiter à l'avance un début et une fin, de prévoir de petites pauses quand l'attention baisse et de répartir le travail sur la semaine.
Faut-il commencer par les devoirs faciles ou difficiles ?
Selon Antoinette Raucent, plutôt par les plus difficiles, car l'attention diminue au fil de la séance. Les exercices plus légers ou ludiques peuvent être gardés pour la fin, ou alternés pour maintenir la motivation.
Faut-il récompenser un enfant pour ses devoirs ?
La neuropsychologue comprend la tentation, mais encourage à cultiver surtout la motivation interne : fierté, plaisir d'apprendre, sentiment de compétence. Elle est plus durable et aide l'enfant à transférer ce qu'il apprend.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les dix conseils d'Antoinette Raucent, illustrés de ses propres dessins.
- Des astuces concrètes pour canaliser le besoin de bouger pendant le travail.
- Un exemple détaillé pour donner du sens aux tables de multiplication.
- L'idée du tableau d'évaluation à remplir avec l'enfant en fin de séance.
n°8 · Maitriser la "neuroéducation"
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