Élève à haut potentiel : comment le repérer et l’accompagner en classe ?
Deux à trois par classe, selon les statistiques qu’elle cite : les élèves à haut potentiel sont partout, souvent là où on ne les attend pas. Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, Anne-Marie Lafont, formatrice académique, donne cinq clés aux professionnels de l’éducation.
Tiré du magazine · n°6Accompagner les enfants atypiques
Voir ce numéro
Un élève à haut potentiel se reconnaît souvent à une pensée rapide et foisonnante, à une grande curiosité et à des émotions intenses, parfois accompagnées d’un manque de confiance en soi. Pour l’accompagner, Anne-Marie Lafont, formatrice académique spécialiste de ces élèves, recommande de travailler en équipe avec la famille et les autres professionnels, de se méfier des apparences et d’adapter sa pédagogie sans attendre les résultats d’un test. L’identification formelle, elle, reste l’affaire d’un psychologue habilité.
Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, cette formatrice de l’académie d’Aix-Marseille, membre de la cellule consacrée aux enfants à haut potentiel (EHP, le terme désormais employé par l’Éducation nationale), propose cinq clés aux professionnels de l’éducation. Son texte est d’un enthousiasme communicatif, et il dit quelque chose de rare : ces élèves ont changé sa manière d’enseigner.
Comment repérer un élève à haut potentiel ?
Anne-Marie Lafont s’appuie sur les travaux de psychologues spécialistes, comme Arielle Adda, Jeanne Siaud-Facchin ou Olivier Revol, et de chercheurs en neurosciences, pour dégager trois « dénominateurs communs » : une pensée puissante, rapide et en arborescence ; une intelligence qui évolue, avec parfois un manque de motivation lié à l’ennui ; des émotions souvent intenses, qui peuvent aller de pair avec un manque d’estime de soi. Le magazine détaille cette grille de repérage. Elle rappelle surtout un ordre de grandeur qui surprend :
« Les statistiques actuelles parlent de 2 à 3 EHP par classe, tous niveaux confondus. »
Elle glisse au passage une astuce de terrain, aussi simple qu’amusante, pour en repérer un second quand on en connaît déjà un. Elle est à découvrir dans le magazine.
Faut-il faire tester l’élève ?
C’est l’une des nuances les plus utiles de l’article. Une fois le repérage fait, Anne-Marie Lafont préconise de réunir toute l’équipe autour de l’élève (enseignants, CPE, infirmière, psychologue de l’Éducation nationale, direction) et bien sûr les parents, qu’on peut guider vers un test pour mieux cibler les besoins de l’enfant. Mais elle met aussi en garde contre l’excès inverse :
« Mais il faut éviter de chercher à tout prix à tester l’enfant, surtout s’il n’y a pas de soucis particuliers en classe (eh oui, il y a, heureusement, des EHP qui vont bien !) […] »
Elle pense aussi aux familles : les tests en libéral peuvent coûter cher, et elle conseille de privilégier, quand c’est possible, le bilan avec le psychologue de l’Éducation nationale.
Insolence ou autre chose ?
Sa troisième clé invite à se méfier des apparences. Un élève à haut potentiel perçoit parfois mal la hiérarchie : il peut plaisanter avec l’enseignant comme avec un égal, sans aucune intention d’irrespect. Sans connaître ce profil, on risque de le prendre pour de l’insolence. Anne-Marie Lafont propose de ne pas le prendre personnellement et de privilégier le dialogue. Une invitation qui, au fond, vaut pour bien des situations de classe.
Quelles adaptations pédagogiques ?
Bonne nouvelle, écrit-elle : nul besoin d’attendre les résultats d’un test pour agir, tout est affaire de bon sens et de communication. Elle conseille même de demander aux élèves eux-mêmes ce qui leur convient, car ils le savent souvent mieux que nous. Elle présente ensuite cinq adaptations, avec cet avantage qu’elles profitent aussi aux autres élèves. On y trouve le saut de classe, à condition que tout le monde soit d’accord, y compris l’élève, ou encore la classe inversée, qui permet de travailler à son rythme. Les trois autres, ainsi que ses pistes pour accompagner les émotions et le stress, sont détaillées dans le magazine.
Une dernière clé, la plus personnelle
La cinquième clé parle d’humour et d’affection, et c’est la plus touchante. Anne-Marie Lafont y raconte ce que ces élèves lui ont apporté, et pourquoi elle les considère comme une richesse pour la classe tout entière. Un passage à lire pour tous les enseignants qui se sentent parfois bousculés par ces profils.
Pour une autre approche de la classe, le numéro propose aussi de repenser l’espace et les apprentissages pour accueillir tous les élèves atypiques.
Questions fréquentes
Combien d’élèves à haut potentiel y a-t-il dans une classe ?
Anne-Marie Lafont cite des statistiques qui évoquent deux à trois élèves à haut potentiel par classe, tous niveaux confondus.
Faut-il attendre un test pour adapter sa pédagogie ?
Non. Selon elle, beaucoup d’adaptations relèvent du bon sens et de la communication avec l’élève, et elles profitent aussi aux autres. Le test reste utile pour cibler les besoins, surtout quand l’élève est en difficulté.
Un élève HPI qui plaisante avec son enseignant est-il insolent ?
Pas forcément. Il perçoit parfois mal la hiérarchie et considère l’adulte comme un pair. Anne-Marie Lafont invite à ne pas le prendre personnellement et à privilégier le dialogue.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La grille de repérage complète des trois « dénominateurs communs ».
- L’astuce de terrain pour repérer un second élève à haut potentiel dans la classe.
- Les cinq adaptations pédagogiques qu’elle recommande, et leurs conditions.
- Ses pistes pour accompagner les émotions et le stress des élèves.
- Son témoignage sur ce que ces élèves ont changé dans sa pratique.
n°6 · Accompagner les enfants atypiques
Version papier : épuisée pour le moment
