Haut potentiel intellectuel : qu’est-ce qui distingue vraiment un enfant HPI ?
Zèbre, surdoué, philocognitif : les mots se multiplient, les idées reçues aussi. La fiche du n°6 d’Innovation en Éducation fait le point sur ce que recouvre le haut potentiel intellectuel, et sur la parentalité qu’il invite à inventer.
Tiré du magazine · n°6Accompagner les enfants atypiques
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Un enfant à haut potentiel intellectuel (HPI) n’a ni une maladie, ni un trouble, ni un handicap : il présente un fonctionnement neuropsychologique particulier, avec une pensée rapide et foisonnante et, souvent, une sensibilité plus vive que la moyenne. Certains signes peuvent interroger parents et enseignants, comme un sentiment de décalage, un grand besoin de sens ou un manque de confiance en soi. Mais seul un professionnel habilité, psychologue ou neuropsychologue, peut identifier un haut potentiel à l’aide de tests et de leur interprétation.
C’est le propos de la fiche que le n°6 d’Innovation en Éducation consacre au haut potentiel, signée par Séverine Guy, éducatrice spécialisée, formatrice et mère d’un enfant identifié très tôt. Elle commence par une mise au point qui donne le ton de tout l’article :
« Le HPI n’est ni une maladie, ni un trouble, ni un handicap, c’est un fonctionnement neuropsychologique particulier. »
Que voit-on dans le cerveau d’un enfant HPI ?
La fiche s’appuie d’abord sur les travaux du chercheur Dominic Sappey-Marinier, auteur d’un ouvrage sur les « philocognitifs ». Son constat de départ est rassurant : le cerveau d’une personne HPI est fait comme celui de tout le monde. Ce qui change, c’est la vitesse et l’efficacité avec lesquelles les informations circulent, notamment entre les deux hémisphères. Le magazine détaille les régions cérébrales concernées.
Trois traits psychologiques, selon Fanny Nusbaum
Mais un enfant n’est pas qu’un cerveau, rappelle la fiche. Elle présente ensuite les trois caractéristiques que retient Fanny Nusbaum, psychologue et chercheuse en neurosciences à l’université Claude-Bernard Lyon 1.
La première est un besoin permanent de penser, de comprendre, de maîtriser ce qui se passe. Laissé à lui-même, l’esprit continue de tourner :
« Il leur est quasi impossible de vivre leur vie quotidienne sans se poser de questions ! »
La deuxième est une sensibilité accrue, à la fois sensorielle et émotionnelle : la lumière, les bruits, les odeurs, le toucher dérangent plus vite. Cette intensité peut devenir un atout comme une source de saturation, selon l’environnement. La troisième, plus surprenante, concerne ces périodes où il semble ne rien se passer pour l’enfant, et où son cerveau travaille pourtant en profondeur. Le magazine l’explique et montre ce qu’elle permet.
Un seul haut potentiel, ou plusieurs ?
La fiche distingue ensuite deux profils, le haut potentiel « complexe » et le haut potentiel « laminaire ». Le premier vit ses émotions avec une grande intensité, a une estime de soi plutôt fragile et une vie intérieure foisonnante. Le second est plus homogène, souvent bien adapté socialement, attentif à l’équilibre du groupe auquel il appartient. Le portrait détaillé de chacun aide beaucoup de parents à reconnaître leur enfant. La fiche prend toutefois soin de rappeler qu’aucun enfant ne correspond entièrement à l’un ou à l’autre.
Ce point compte : comme pour tous les profils atypiques présentés dans ce numéro, il s’agit de repères pour comprendre, pas de cases où ranger un enfant.
Quels signes peuvent faire penser à un HPI ?
La fiche rappelle clairement que l’identification se fait uniquement chez un professionnel habilité à faire passer les tests de QI et à les interpréter au regard du fonctionnement global de l’enfant. Elle propose néanmoins une liste de signes qui peuvent inviter à regarder de plus près. On y trouve un sentiment de décalage avec les enfants du même âge, une pensée qui part dans tous les sens comme les branches d’un arbre, et, ce qui surprend souvent, un grand manque de confiance en soi, nourri par un perfectionnisme qui n’est jamais satisfait. Le magazine en décrit huit au total, de l’humour à l’empathie.
Pour aller plus loin sur la question du test, le même numéro publie un long entretien avec la psychologue Danièle Dufour : faut-il faire tester son enfant, et que peut-on attendre du bilan ?. La psychopédagogue Caroline Leroux propose de son côté des repères pour les parents qui s’interrogent.
Quelle parentalité adopter avec un enfant HPI ?
La fiche se termine sur la question que se posent tant de parents. Séverine Guy ne propose pas une méthode de plus. Elle décrit des enfants qui bousculent les certitudes éducatives, et y voit l’occasion de revenir à une parentalité plus authentique, plus fidèle à ce que l’on est, qui tienne compte des besoins de l’enfant comme de ceux du parent. Le passage est court, et il se conclut sur une phrase qui fera du bien à bien des parents fatigués.
Le numéro donne aussi la parole à des lecteurs à haut potentiel, qui racontent l’enseignant qui a su les comprendre : une maîtresse qui préparait des exercices supplémentaires, un professeur qui laissait le temps de recopier.
Questions fréquentes
Le HPI est-il un trouble ?
Non. La fiche du n°6 le précise d’emblée : le haut potentiel n’est ni une maladie, ni un trouble, ni un handicap, mais un fonctionnement neuropsychologique particulier.
Un enfant HPI réussit-il forcément à l’école ?
Pas nécessairement. Le magazine décrit des enfants souvent en décalage, parfois en difficulté relationnelle et fréquemment en manque de confiance en eux, malgré leurs capacités.
Qui peut dire si un enfant est HPI ?
Seul un professionnel habilité, psychologue ou neuropsychologue, peut faire passer les tests de QI et les interpréter en tenant compte du fonctionnement affectif de l’enfant.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Ce que l’imagerie cérébrale montre du fonctionnement des personnes HPI.
- Les trois traits psychologiques décrits par Fanny Nusbaum, dont celui de l’« hyperlatence ».
- Les portraits complets du haut potentiel complexe et du haut potentiel laminaire.
- La liste des huit signes qui peuvent faire penser à un HPI.
- Les témoignages de lecteurs et la réflexion de Séverine Guy sur la parentalité.
n°6 · Accompagner les enfants atypiques
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