Élève hypersensible : que peut faire l’enseignant pour l’apaiser ?
Une classe, c’est du bruit, des couleurs, des voix, des émotions : de quoi saturer un élève hypersensible avant midi. Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, Joanne Parent propose cinq conseils aux professionnels de l’éducation.
Tiré du magazine · n°6Accompagner les enfants atypiques
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Pour apaiser un élève hypersensible, l’enseignant peut d’abord repérer ce qui le surcharge (bruits, odeurs, lumière, tensions) et l’aider à trouver ce qui le soulage, comme des bouchons d’oreille pendant un travail individuel ou un objet à manipuler. La psychoéducatrice Joanne Parent recommande aussi de valoriser sa sensibilité, de lui offrir un lieu où se mettre à l’écart quelques minutes et d’intégrer à la journée de courts moments pour se reconnecter à son corps. Des gestes simples, qui profitent souvent à toute la classe.
Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, Joanne Parent, psychoéducatrice au Québec depuis plus de vingt ans et spécialisée dans l’hypersensibilité, adresse ces conseils aux enseignants après en avoir donné aux parents. Elle part d’une idée forte : l’école est un milieu de vie, et il est essentiel d’y installer des stratégies qui favorisent le confort des élèves hypersensibles. Elle rappelle aussi ce qu’est ce trait :
« N’oublions pas que ce trait de caractère n’est ni une maladie, ni un déficit. »
Pourquoi un élève hypersensible finit-il par saturer ?
C’est le premier conseil, et l’image qu’elle choisit pour l’expliquer est particulièrement parlante. L’élève hypersensible est affecté par une multitude de stimulations, sons, odeurs, intonations, contacts, émotions des autres, et souvent ce sont les mêmes qui reviennent jour après jour. Il est aussi très réceptif au stress. Ces charges s’additionnent au fil de la journée :
« J’aime bien imager ces charges comme étant l’air que l’on met dans un ballon. S’il y a trop d’air, le ballon éclate. »
Le rôle de l’adulte, dans cette image, est d’aider l’enfant à trouver ce qui « dégonfle son ballon ». Joanne Parent en donne plusieurs exemples très simples, des bouchons d’oreille à la respiration profonde, en passant par un objet à manipuler ou le droit de dessiner en écoutant. Être attentif à ce qui surcharge un élève, c’est déjà commencer à l’aider.
Valoriser plutôt que corriger
Le deuxième conseil porte sur le regard. Joanne Parent invite les enseignants à voir l’hypersensibilité comme une richesse, pour l’élève comme pour le groupe, et à ne jamais manquer une occasion de souligner ce qu’il fait de remarquable. Ce faisant, explique-t-elle, on contribue directement à son estime de lui-même. Un conseil qui ne coûte rien, et qui peut changer beaucoup.
Un coin refuge dans la classe
Parmi ses autres conseils, celui du refuge est sans doute le plus facile à mettre en œuvre. Une classe concentre énormément de stimulations. Disposer, idéalement dans la salle même, d’un lieu où l’élève peut couper un moment avec l’intensité du groupe l’aide à se poser avant que la saturation ne s’installe. Joanne Parent décrit à quoi peut ressembler ce lieu, ce qu’on peut y trouver, et comment l’adapter pour les plus grands, à qui il faut d’autres solutions.
Le magazine présente aussi un conseil auquel on pense rarement, lié à un besoin très concret de l’enfant, ainsi qu’une pratique courte à intégrer à la routine de la journée pour aider les élèves à revenir dans leur corps. Joanne Parent en précise la fréquence et la durée : on est loin d’une charge supplémentaire pour l’enseignant.
Des mesures qui profitent à tous
Joanne Parent conclut sur une idée qui rejoint d’autres articles du numéro : que l’on soit hypersensible ou non, introverti ou extraverti, ces mesures aident chaque enfant à mieux s’épanouir à l’école. Elle reconnaît que le défi est grand pour les enseignants, et termine par un rappel qui touche juste, sur ce qu’un enfant garde réellement de sa relation avec eux :
« N’oubliez jamais que vos mots et vos gestes n’auront jamais autant de poids chez un enfant que ce qu’il a ressenti en votre présence. »
Le numéro propose aussi une réflexion plus large sur l’aménagement de la classe pour accueillir tous les élèves atypiques.
Questions fréquentes
Comment aider un élève hypersensible submergé en classe ?
Joanne Parent propose de repérer ce qui le surcharge et de l’aider à trouver ce qui l’apaise : bouchons d’oreille, respiration profonde, objet à manipuler, ou un coin refuge où se mettre à l’écart un moment.
Faut-il un aménagement spécial de la classe ?
Un lieu calme, idéalement dans la salle, suffit souvent. Joanne Parent suggère un espace fermé et convivial, et des solutions de pause adaptées pour les plus grands.
Ces conseils ne valent-ils que pour les élèves hypersensibles ?
Non. Selon Joanne Parent, toutes ces mesures aident chaque enfant à mieux s’épanouir à l’école, qu’il soit hypersensible ou non.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les cinq conseils de Joanne Parent en entier.
- Sa liste des moyens simples qui aident un élève à « dégonfler son ballon ».
- La description du coin refuge idéal, et les alternatives pour les plus grands.
- Le conseil inattendu lié à un besoin du quotidien, et la pratique corporelle à intégrer à la routine.
n°6 · Accompagner les enfants atypiques
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