Un élève autiste dans ma classe : comment l’aider sans être spécialiste ?
Il s’endort, s’agace d’un détail, refuse le travail en groupe : l’élève autiste déroute parfois. Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, Marie Suraud, enseignante, coach et mère de trois enfants atypiques, montre qu’on peut l’aider avec des outils simples et gratuits.
Tiré du magazine · n°6Accompagner les enfants atypiques
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Pour aider un élève autiste en classe, l’enseignante et coach Marie Suraud commence par un changement de regard : voir cet élève comme une occasion de faire évoluer ses pratiques plutôt que comme un problème à régler. Elle recommande ensuite des gestes simples, à la portée de tout enseignant même sans formation spécifique : un court échange individuel à chaque séance, des consignes explicites et précises, et des pauses sensorielles au fil de la journée. Ce qui aide un élève atypique, rappelle-t-elle, aide souvent d’autres élèves de la classe.
Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, Marie Suraud, qui suit un diplôme universitaire en neuroéducation et élève trois enfants atypiques, répond à une question que se posent de nombreux enseignants. Son article commence par des portraits que beaucoup reconnaîtront : l’élève qui semble ailleurs, celui qui veut toujours répondre et s’énerve quand il n’est pas interrogé, celui qui fuit le travail en groupe et se réfugie au CDI parce que c’est calme.
Par quoi commencer ?
Le premier outil qu’elle propose ne coûte rien, et c’est pour elle le plus utile : changer l’angle de vue. Plutôt que de voir l’élève comme un problème auquel il faudrait à tout prix trouver une solution, le considérer comme celui qui va pousser l’enseignant à faire évoluer sa pratique, pour le bénéfice de tous.
« Ce qui est bon pour un atypique le sera aussi pour d’autres élèves dans la classe. »
Elle propose même un petit exercice : remplacer, quand ils viennent à l’esprit, les mots négatifs par des mots qui décrivent la même chose autrement. Un élève qu’on trouverait agaçant devient alors un élève attentif aux détails.
Pourquoi les consignes posent-elles problème ?
C’est l’un des passages les plus éclairants de l’article. Un élève autiste ne comprend pas les consignes comme les autres, explique Marie Suraud, parce que l’implicite et le second degré lui échappent souvent. Une tâche ordinaire peut alors devenir un vrai labeur, source de frustration, de découragement et de perte de confiance, simplement parce que ce qui était évident pour tous ne l’était pas pour lui. D’où l’importance de consignes claires, simples et surtout précises.
Elle décrit aussi un fonctionnement qui aide à comprendre bien des blocages :
« Le fonctionnement de son cerveau est à envisager comme un programme informatique, une action puis une autre : si l’action n°1 n’est pas exécutée, il ne pourra pas exécuter la suivante. »
Un point qui paraît dérisoire à l’adulte peut ainsi empêcher l’élève d’avancer, et Marie Suraud explique ce qu’il est utile de faire dans ce cas. Elle rappelle surtout qu’un élève autiste ne cherche jamais à agacer son interlocuteur, et que son obstination est aussi une force.
Un moment individuel à chaque séance
Autre geste qu’elle recommande : s’asseoir quelques instants à côté de l’élève, au moins une fois par séance, pour vérifier qu’il a compris la consigne, que sa place lui convient, qu’il n’a besoin de rien. Ce contact individuel, écrit-elle, l’aide à trouver sa place dans la classe et à se sentir légitime parmi les autres et dans le regard de l’adulte. Le magazine précise ce qu’il est utile de lui demander.
Des pauses pour souffler
Marie Suraud insiste enfin sur les pauses sensorielles, qui permettent à l’élève de sortir un moment de l’agitation de la classe. Elle explique comment les organiser sans craindre que l’élève perde le fil du cours, et pourquoi elles comptent bien au-delà de l’école : un enfant moins épuisé en fin de journée, c’est toute la famille qui respire.
L’article se termine par une liste d’une douzaine d’astuces concrètes, de l’évaluation à la cantine en passant par le mobilier, que le magazine détaille.
Pour comprendre plus largement ce que recouvre l’autisme, le même numéro propose une présentation du spectre et des démarches à engager quand on s’interroge. Et pour une réflexion sur l’aménagement de la classe pour tous les profils, voir comment faire de la place aux élèves atypiques.
Questions fréquentes
Faut-il être formé pour accueillir un élève autiste ?
Une formation aide, mais Marie Suraud montre que des outils simples et gratuits sont à la portée de tout enseignant : changer de regard, expliciter les consignes, prévoir un échange individuel et des pauses.
Pourquoi un élève autiste ne comprend-il pas certaines consignes ?
L’implicite et le second degré lui échappent souvent. Des consignes claires, simples et précises lui évitent frustration et découragement.
Les aménagements pour un élève autiste pénalisent-ils les autres élèves ?
Au contraire, selon Marie Suraud : ce qui est bon pour un élève atypique l’est souvent aussi pour d’autres élèves de la classe.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les portraits d’élèves autistes qui ouvrent l’article, et ce qu’ils révèlent.
- Ce qu’il est utile de demander à l’élève lors du moment individuel.
- La manière d’organiser des pauses sensorielles sans que l’élève perde le fil du cours.
- La douzaine d’astuces concrètes proposées par Marie Suraud, de l’évaluation au mobilier.
n°6 · Accompagner les enfants atypiques
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