Enfant hypersensible : comment reconnaître ce trait de tempérament ?
Chaussettes qui grattent, colères soudaines, chagrin profond pour une injustice : l’hypersensibilité déroute souvent l’entourage. Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, la psychomotricienne Stéphanie Couturier aide à la reconnaître et à la comprendre.
Tiré du magazine · n°6Accompagner les enfants atypiques
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L’hypersensibilité n’est ni un trouble ni une maladie : c’est un trait de tempérament qui fait percevoir les stimulations de la vie (bruits, textures, émotions, relations) avec plus d’intensité que la moyenne. Un enfant hypersensible peut réagir très fortement, être gêné par certaines matières ou certains bruits, prendre les choses très à cœur et faire preuve d’une grande empathie. Il n’existe pas de test étalonné pour l’identifier : ce sont des professionnels de l’enfance, attentifs à la sphère émotionnelle, qui peuvent confirmer ce que pressentent souvent les parents.
C’est ce qu’explique la fiche du n°6 d’Innovation en Éducation consacrée à l’hypersensibilité, signée par Stéphanie Couturier, psychomotricienne et sophrologue, auteure notamment de Mon enfant hérisson. Elle commence par une définition qui pose les choses :
« L’hypersensibilité est un trait de tempérament (et non un trouble) qui marque une sensibilité plus forte que la moyenne à percevoir les différents stimuli de la vie. »
De quoi parle-t-on exactement ?
Il y a, écrit-elle, autant de formes d’hypersensibilité que de personnes hypersensibles. Ce qui les rapproche, c’est l’impression d’avoir moins de filtres que les autres, et de recevoir les informations de l’environnement avec beaucoup de force. Chez certains, c’est un ou plusieurs sens qui sont en alerte. Chez d’autres, c’est la perception et l’expression des émotions qui sont amplifiées.
Elle décrit des situations que beaucoup de parents connaissent : l’enfant qui ne supporte pas l’élastique de ses chaussettes, qui se crispe ou s’agite dans un lieu bruyant, qui refuse une texture dans son assiette. Pour l’entourage, ces réactions passent facilement pour des caprices. Pour l’enfant, ce sont des inconforts bien réels.
Que disent les neurosciences ?
La fiche résume ce que la recherche a mis en évidence : chez les personnes hypersensibles, certaines zones du cerveau s’activent plus fortement que dans la population générale, en particulier celles qui touchent à l’intégration des sensations et à l’empathie. Stéphanie Couturier rappelle aussi que le sujet est récent pour la science, qui ne s’y intéresse vraiment que depuis les années 1990, et qu’il est devenu depuis peu une question de société.
Quels signes peuvent faire penser à l’hypersensibilité ?
Avant d’en dresser la liste, elle s’attaque à une idée reçue :
« Un enfant hypersensible n’est pas "une petite chose fragile", un enfant timide ou réservé. »
Un enfant hypersensible peut tout à fait avoir un caractère fort et s’exprimer facilement : tout dépend de sa manière, extravertie ou introvertie, de vivre ses émotions. La fiche décrit ensuite les manifestations les plus fréquentes. On y trouve une grande intensité émotionnelle, ces tempêtes intérieures que l’enfant subit sans toujours les comprendre, et qui sont souvent la première raison pour laquelle les parents consultent. On y trouve aussi une conscience aiguë des autres : l’enfant hypersensible est souvent un très bon camarade, en quête de relations sincères. Le magazine détaille les autres signes, du besoin de justice aux effets d’une réflexion permanente sur l’attention et la confiance.
Comment soutenir un enfant hypersensible ?
La fiche rappelle un résultat de recherche qui change la perspective : selon l’environnement dans lequel il grandit, ce trait peut devenir une force ou une fragilité. D’où l’importance du regard que portent sur lui les adultes. Stéphanie Couturier propose plusieurs attitudes, dont la première est de cesser de voir l’enfant comme capricieux, et la dernière de mettre en valeur ses nombreux atouts. Le magazine les présente toutes, avec la liste de ces « points forts » si souvent oubliés.
Pour le quotidien, la psychoéducatrice Joanne Parent propose dans le même numéro six clés pour la maison et cinq conseils pour la classe.
À qui s’adresser ?
Puisqu’aucun test ne mesure l’hypersensibilité, la fiche oriente vers les professionnels de l’enfance (certains pédiatres, pédopsychiatres, psychomotriciens, orthophonistes), en particulier ceux qui accompagnent la sphère émotionnelle. Ils sont les mieux placés pour confirmer ce que le parent devine souvent déjà.
Le numéro donne aussi la parole à des lecteurs hypersensibles, qui racontent l’adulte qui a vu leur sensibilité comme une force.
Questions fréquentes
L’hypersensibilité est-elle un trouble ?
Non. Pour Stéphanie Couturier, c’est un trait de tempérament : une manière de percevoir la vie avec plus d’intensité, qui concerne aussi bien les garçons que les filles.
Un enfant hypersensible est-il forcément timide ?
Non. Il peut avoir un caractère fort et s’exprimer facilement. Tout dépend de sa manière, plutôt extravertie ou introvertie, de vivre ses émotions.
Existe-t-il un test pour diagnostiquer l’hypersensibilité ?
Non, il n’existe pas de test étalonné. Ce sont des professionnels de l’enfance, notamment ceux qui accompagnent la sphère émotionnelle, qui peuvent confirmer ce que pressentent les parents.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La description complète des manifestations de l’hypersensibilité chez l’enfant.
- Ce que les neurosciences ont observé dans le cerveau des personnes hypersensibles.
- Les attitudes concrètes proposées par Stéphanie Couturier pour soutenir l’enfant.
- La liste des « points forts » d’un enfant hypersensible.
- Les témoignages de lecteurs sur l’adulte qui a reconnu leur sensibilité.
n°6 · Accompagner les enfants atypiques
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