Le nerf vague peut-il aider à apaiser l'anxiété, la nôtre et celle des enfants ?
L'anxiété n'est pas le vrai problème, dit Ludovic Leroux : c'est notre difficulté à y répondre. Dans le n°25 d'Innovation en Éducation, il présente une méthode en quatre étapes pour entraîner son nerf vague.
Imaginez une alarme incendie qui se déclenche alors qu'il n'y a pas de feu, et que l'on ne parvient pas à éteindre. C'est l'image que Ludovic Leroux, coach et formateur en théorie polyvagale et en cohérence cardiaque, choisit pour parler de l'anxiété dans le n°25 d'Innovation en Éducation. Auteur de Nerf Vague, il pose une question simple : plutôt que de se demander si notre société est plus anxiogène, sommes-nous suffisamment équipés pour répondre à l'anxiété, et comment aider nos enfants à l'être ?
Pourquoi l'anxiété n'est-elle pas le vrai problème ?
Parce que c'est un mécanisme naturel. Selon la théorie polyvagale, découverte par le chercheur Stephen Porges, notre système nerveux autonome passe son temps à se poser une question : « Suis-je en sécurité ? » Si la réponse est oui, nous pouvons vivre détendus. Si elle est non, l'organisme reste en mode survie et répond au danger par la fuite, le combat ou le figement.
« L'anxiété n'est pas un réel problème, c'est un mécanisme neurobiologique naturel. »
Le vrai problème, poursuit l'auteur, est notre capacité à revenir au calme. C'est là qu'intervient le nerf vague, un nerf du système nerveux autonome dont le rôle est de nous ramener au repos quand le danger est passé. Plus il est entraîné, plus le « tonus vagal » est efficace, et plus nous sommes en mesure de prendre du recul. Le corps, rappelle-t-il, sait avant même que nous en ayons conscience : l'anxiété n'est pas seulement un phénomène psychologique.
Peut-on entraîner son calme ?
Oui, et l'auteur le compare à un sportif qui ne s'entraînerait que la veille des compétitions : ce n'est pas la meilleure stratégie. Il propose une méthode en quatre étapes, appelée « 4R », dont la première consiste à reconnaître ses états internes, car il est difficile de changer ce dont on n'a pas conscience. Une autre repose sur des ressources simples du quotidien, que l'on connaît déjà pour la plupart, et qui s'utilisent par petites touches régulières plutôt que lors d'un long exercice. Le magazine détaille la méthode complète, avec les trois états du système nerveux à reconnaître et la liste des exercices.
Un point mérite d'être relevé : cette approche ne cherche pas forcément à résoudre la situation anxiogène, mais à mieux s'y adapter. On a souvent plus peur de ce que l'on ressent à l'intérieur que de la situation elle-même.
« Ce dont vous avez le plus peur, ce n'est pas de la situation anxiogène mais de l'expérience que vous ne savez pas réguler. »
Que peut faire un parent pour l'anxiété de son enfant ?
C'est le passage le plus parlant de l'article. Stephen Porges a mis en évidence ce qu'il appelle la corégulation : les êtres humains sont connectés par leur système nerveux. Quand le nôtre se demande s'il est en sécurité, il sonde aussi celui des personnes autour de nous. Si elles sont calmes, la réponse devient plus facilement « oui ».
« Vous êtes la première ressource à l'anxiété de vos enfants. »
L'auteur emprunte une comparaison aux consignes de sécurité en avion : on met d'abord son propre masque à oxygène avant de s'occuper des autres. Souvent, en voulant aider un enfant sans prendre le temps de se réguler, on lui transmet sa propre insécurité. Pour accompagner l'enfant ensuite, Ludovic Leroux évoque des images d'animaux qui aident les plus jeunes à mettre un nom sur leur état intérieur. Le magazine les décrit.
Cet article rejoint d'autres du numéro, sur le même principe : le calme de l'adulte est contagieux, au même titre que son inquiétude. On en trouve un écho dans le texte de la psychologue Ariane Hébert sur les signaux d'anxiété de l'enfant.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le nerf vague ?
C'est un nerf important du système nerveux autonome, dont le rôle est de nous ramener au calme quand il n'y a plus de danger.
Peut-on entraîner son nerf vague ?
Selon Ludovic Leroux, oui, par de petits exercices simples et réguliers. C'est ce qu'il appelle entraîner le tonus vagal.
Comment aider son enfant anxieux ?
L'auteur recommande de commencer par diminuer sa propre anxiété, car le parent est la première ressource de l'enfant, puis de l'accompagner dans l'expérience.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les quatre étapes de la méthode 4R, détaillées une à une.
- Les trois états du système nerveux à reconnaître, du figement à la connexion.
- Une liste d'exercices pour stimuler le nerf vague, de la respiration à la nature.
- Les trois animaux qui permettent à l'enfant de nommer son état intérieur.
- L'explication de la corégulation et de ses conséquences pour les parents.
N°25
n°25 · Santé mentale : tous anxieux ?
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