Hyperparentalité : comment sortir de la pression d'être un parent parfait ?
Livres, podcasts, comparaisons : la pression pour bien faire ne cesse de monter. Dans le n°13, Nelly Forestier explique comment elle peut basculer en hyperparentalité, et comment retrouver un équilibre.
Tiré du magazine · n°13Suis-je parfois un parent "toxique" ?
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« Nous idéalisons, voire théorisons notre rôle de parent alors que nous ne sommes jamais préparés à l'être. » C'est par ce constat que Nelly Forestier, co-fondatrice avec Julien Perrin des P'tits Sages (un centre de soutien à la parentalité et un organisme de formation pour les professionnels de la petite enfance), ouvre son article du n°13 d'Innovation en Éducation. Que l'on soit documenté, curieux ou professionnel de l'enfance, l'arrivée d'un enfant reste un véritable tsunami émotionnel.
Que réveille l'arrivée d'un enfant ?
L'autrice rappelle qu'il n'est pas besoin d'avoir une histoire de vie particulièrement difficile : l'ensemble de nos expériences d'enfant participe à notre construction, avec ses forces et ses failles. L'enfant, qui naît avec ses singularités, réveille ce que certains appellent l'enfant intérieur, ou simplement notre vécu. Il nous révèle qui nous sommes, et nous grandissons ensemble. Entre les leçons données par les uns et les autres, la fatigue et les remises en question, il n'est pas toujours facile de trouver sa place.
Qu'appelle-t-on l'hyperparentalité ?
Même quand nous savons que chaque enfant grandit à son rythme, nous comparons : nos enfants, nos parentalités, nos éducations. Et comme être parent s'apprend, les ressources abondent (livres, podcasts, sites, magazines), au risque d'une surcharge d'informations contradictoires. Que se passera-t-il si je ne suis pas tel conseil ? Mon enfant sera-t-il moins heureux, moins intelligent, et moi un moins bon parent ? C'est ce tourbillon que l'autrice nomme l'hyperparentalité.
Elle part d'une bonne intention, mais elle poursuit une perfection parentale qui met la pression sur les performances de l'enfant comme sur les siennes. Le simple mot de performance, note l'autrice, montre qu'elle est vouée à l'échec. Pour le parent, elle mène au burn-out ; pour l'enfant, elle peut devenir source d'anxiété, de repli et de manque d'autonomie.
Par quoi commencer ?
Par un cadeau simple et exigeant : du temps. L'autrice y voit la première étape de tout accompagnement, et le dit avec une formule que l'on retient.
« Le temps, c'est de l'amour. »
Elle pose ensuite une question directe, qu'elle invite à se poser en toute honnêteté.
« Avez-vous ne serait-ce que 10 minutes de qualité avec votre ou chacun de vos enfants ? »
Dix minutes sans écran ni distraction, pour jouer, discuter, câliner ou écouter de la musique ensemble. Elle admet que, le soir, entre douche, devoirs et repas, cela semble impossible. Mais il suffit d'essayer : le coucher sera peut-être reporté de quelques minutes, le sommeil viendra plus facilement et les rapports seront apaisés.
Que faire d'autre que protéger ?
L'article insiste sur la confiance, et d'abord sur un espace de sécurité affective, un climat où chacun peut s'exprimer sans jugement et accueillir ses émotions. Il rappelle aussi que notre enfant ne nous appartient pas, que nous ne pouvons pas le protéger de tout, et que nous sommes une source d'inspiration plus qu'un modèle. Lâcher prise, c'est aussi offrir de l'autonomie dès le plus jeune âge, en s'inspirant de l'« aide utile » que Maria Montessori préconisait : n'intervenir que quand l'enfant en a réellement besoin. L'autrice invite à observer ce que l'on fait à sa place, et à se demander pourquoi on ne le laisse pas faire. Le magazine détaille ces pistes, avec les questions qui aident à s'examiner.
Et le parent, dans tout cela ?
Il a aussi le droit d'un temps pour lui, « tout aussi vital que respirer ». Les enfants apprennent de ce que nous leur montrons : prendre soin de soi, écouter ses émotions et ses besoins, c'est un enseignement précieux. L'article propose un exercice simple, à faire éventuellement avec eux, que l'on peut inscrire à l'agenda familial. Pour prolonger cette réflexion, un article du blog pose la même question côté parent et côté enseignant.
« Vous êtes le meilleur parent pour votre enfant, restez sages, imparfaits et éclairés, c'est ainsi que vous révélerez votre parentalité ! »
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'hyperparentalité ?
Une quête de perfection parentale, nourrie par la comparaison et la surcharge d'informations, qui met la pression sur le parent comme sur l'enfant.
Comment retrouver un équilibre ?
L'autrice propose de commencer par du temps de qualité avec son enfant, de lui laisser de l'autonomie dès le plus jeune âge, et de prendre aussi du temps pour soi.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La description de l'hyperparentalité et de ses effets sur l'enfant et sur le parent.
- L'exercice des dix minutes de qualité et la manière de l'inscrire dans la routine du soir.
- Les questions à se poser pour offrir davantage d'autonomie, avec l'idée d'aide utile.
- L'exercice de la liste de ce qui apporte sérénité et plaisir, à partager en famille.
- La conclusion des P'tits Sages sur la juste place du parent.
