Les jeux vidéo sont-ils bons ou mauvais pour l'enfant ? Ce que dit la recherche
Les jeux vidéo suscitent depuis toujours le meilleur et le pire. Dans le n°11 d'Innovation en Éducation, le magazine fait le point sur la recherche, en s'appuyant sur la neuroscientifique Daphné Bavelier.
Les jeux vidéo ne laissent personne indifférent : pour les uns, ils abêtissent, pour les autres, ils développent des capacités hors du commun. Le n°11 d'Innovation en Éducation propose de sortir de ce « tout et son contraire » en faisant le point sur la recherche. Sa conclusion est nuancée, et elle tient dans une phrase.
« Il ne peut exister une vérité unique pour une si grande variété de jeux. »
Pourquoi le débat est-il si ancien ?
Dès leur apparition, les jeux vidéo ont fasciné les jeunes et inquiété leurs aînés, qui voyaient des enfants immobiles, happés par l'écran. Leurs défenseurs répondaient qu'ils développent la concentration, le repérage dans l'espace, la capacité à faire plusieurs choses à la fois. Les deux camps ont chacun une part de raison, et l'article le souligne : il existe aujourd'hui un nombre incalculable de jeux, sur console, ordinateur, smartphone ou tablette, et on ne peut pas juger de la même façon un jeu de stratégie et un jeu de tir.
Que gagne-t-on à jouer ?
L'article s'appuie sur Daphné Bavelier, professeure en neurosciences cognitives, spécialiste de l'impact des technologies sur le cerveau. D'après elle, une pratique régulière semble améliorer l'attention visuelle sélective : les joueurs s'entraînent à « lire » leur environnement et à y repérer ce qui compte. Certains jeux sollicitent aussi la concentration, la prise de décision rapide, la capacité à contrôler ses émotions.
Le texte ajoute des bénéfices plus sociaux. Dans les jeux en réseau, le joueur doit imaginer le point de vue de l'autre ; certains jeux servent de médiation en orthophonie ou en psychothérapie ; et les jeunes retrouvent souvent leurs compagnons de jeu ailleurs, dans la vie quotidienne.
Quels sont les points de vigilance ?
Le magazine ne les passe pas sous silence. Il évoque les jeux violents, qui peuvent entretenir un comportement agressif chez certains jeunes, la pauvreté de certains jeux qui reposent sur des automatismes et le plaisir immédiat, et l'isolement quand le jeu devient un refuge.
« Le risque est que le jeu soit vécu comme un refuge, une façon d'éviter le monde. »
Le cercle est connu : plus on se retire, plus on joue, et plus on se retire. C'est pourquoi l'article invite à distinguer les pratiques qui enrichissent de celles qui appauvrissent.
Comment accompagner son enfant ?
Les conseils tiennent en deux idées : choisir les jeux et fixer un cadre.
« Jouer n'est pas anodin, le choix du jeu non plus. »
Un jeu est enrichissant s'il associe des interactions sensori-motrices et des interactions plus complexes, cognitives et narratives. L'article invite à consulter la classification des jeux, qui existe comme pour la télévision, et à essayer soi-même le jeu ou à assister à une partie. Les jeux d'action fonctionnent souvent comme des bacs à sable : le joueur avance à sa guise, et peut réussir sans avoir compris, simplement en surveillant l'apparition d'objets. D'où l'intérêt de regarder comment l'enfant joue, pas seulement à quoi. Quant au temps, il doit rester limité pour ne pas se substituer au sommeil, aux apprentissages, à l'activité physique ni à la vie sociale.
Un encadré rassure enfin les parents avec cinq repères qui indiquent que « tout va bien ». L'un d'eux, par exemple : l'adolescent est capable d'arrêter ses parties de lui-même.
Questions fréquentes
Les jeux vidéo développent-ils l'attention ?
D'après Daphné Bavelier, citée par le magazine, certains jeux améliorent l'attention visuelle sélective. Mais tous les jeux ne se valent pas, et la durée compte.
Comment choisir un jeu adapté ?
Le magazine recommande de consulter la classification des jeux et les avis, d'essayer le jeu ou d'assister à une partie.
Quand s'inquiéter ?
Quand le jeu remplace le sommeil, l'école ou les amis, et quand l'enfant s'y réfugie pour éviter le monde.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le détail des bénéfices et des risques, de l'attention visuelle à la violence et à l'isolement.
- L'explication de la différence entre jeux riches et jeux qui mobilisent surtout des automatismes.
- Les conseils pour choisir un jeu et pour suivre la pratique.
- L'encadré « Tout va bien si votre ado… », avec ses cinq repères.
N°11
n°11 · Reprendre le contrôle des écrans
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