Lire plus vite aide-t-il à mieux se concentrer ?
Vous relisez trois fois le même paragraphe en pensant à autre chose ? Dans le n°2 d'Innovation en Éducation, Nicolas Lisiak, vice-champion du monde de lecture rapide, propose une explication inattendue et une piste simple à essayer.
Tiré du magazine · n°2Cerveau / neurosciences : mode d'emploi !
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Selon Nicolas Lisiak, oui. Vice-champion du monde de lecture rapide, il explique dans le n°2 d'Innovation en Éducation qu'une lecture trop lente ennuie le cerveau, qui se met alors à chercher d'autres occupations. Accélérer un peu, en s'aidant d'un guide visuel comme un doigt ou un stylo, permettrait de garder son attention sur le texte plus longtemps.
L'ennui, ce ralentisseur discret
L'article part d'une expérience que tout lecteur connaît. On lit un article, l'œil s'arrête sur une image en marge, l'esprit s'échappe vers la liste des courses, et l'on s'aperçoit plusieurs lignes plus loin qu'on n'a rien retenu. Pour Nicolas Lisiak, ce n'est pas un manque de volonté : c'est le signe que le cerveau s'ennuie.
« Saviez-vous que lire lentement est très ennuyeux pour votre cerveau, et fait baisser vos performances intellectuelles et celles de vos enfants ? »
L'idée peut sembler paradoxale, tant on associe volontiers la lenteur à la profondeur. Le propos de l'auteur est plus ciblé : il s'agit de la lecture d'information, celle où l'on veut comprendre et retenir, et du moment où une lenteur excessive laisse la place à la distraction. Il s'appuie sur des recherches qui situent le rythme en dessous duquel le cerveau commence à décrocher. Vous trouverez ce chiffre dans le magazine, avec la manière de mesurer votre propre vitesse de lecture.
Il précise aussi que cette vitesse n'a rien de figé. Elle varie selon la difficulté du texte, la fatigue ou l'entraînement. Il ne s'agit donc pas de se comparer, mais de repérer les moments où l'on décroche.
Un geste simple : le guide visuel
La solution proposée tient en un geste que beaucoup d'enfants font spontanément en apprenant à lire, avant qu'on leur demande parfois d'arrêter : suivre le texte avec le doigt, ou avec la pointe d'un stylo. Selon Nicolas Lisiak, ce guide visuel a deux effets. Il donne un contrôle physique sur la vitesse de lecture, que l'on peut accélérer quand on sent l'attention faiblir. Et il aide le regard à rester sur la ligne, en limitant les distractions.
L'auteur reconnaît que la lenteur n'est pas le seul frein à une lecture efficace, et que ce geste n'est qu'un premier pas. Mais c'est un pas à la portée de tous, sans matériel ni formation, et qu'un parent ou un enseignant peut proposer à un élève qui peine à rester concentré sur un texte.
Une étude menée avec des radiologues
L'article mentionne enfin une étude que l'auteur a menée avec des radiologues du CHU de Marseille. Elle visait à mesurer l'effet d'un court entraînement aux techniques de lecture rapide sur l'efficacité de lecture. Vous en trouverez le protocole et le résultat chiffré dans le magazine.
Ce que l'on peut en retenir
Cet article d'une page se lit comme une invitation à expérimenter. Il ne prétend pas que toute lecture doit être rapide, ni que lire lentement serait une erreur. Le plaisir de savourer un roman, de relire un poème ou de s'attarder sur une phrase n'est pas en cause. Il propose plutôt un outil pour les moments où l'on doit lire pour apprendre et où l'attention s'échappe : réviser une leçon, préparer un exposé, lire un document de travail.
Pour les enseignants, c'est aussi une manière de regarder autrement l'élève qui rêvasse pendant la lecture. Son décrochage peut être le signe d'un ennui plus que d'un désintérêt. Le même numéro consacre un entretien à ce qui se passe dans le cerveau d'un élève qui apprend, avec un passage sur l'attention, qu'un chercheur affirme pouvoir s'apprendre.
Questions fréquentes
Pourquoi décroche-t-on en lisant ?
Selon Nicolas Lisiak, vice-champion du monde de lecture rapide, une lecture trop lente ennuie le cerveau, qui se met à chercher d'autres occupations. La distraction est alors un signe d'ennui plutôt que de manque de volonté.
Faut-il lire avec le doigt ?
Il le recommande : suivre le texte avec un doigt ou un stylo permet de contrôler sa vitesse de lecture et aide le regard à rester sur la ligne, ce qui limite les distractions.
La lecture rapide convient-elle à toutes les lectures ?
L'article vise surtout la lecture d'information, pour comprendre et retenir. Il ne remet pas en cause le plaisir de prendre son temps avec un roman ou un poème.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le seuil de vitesse en dessous duquel le cerveau commence à s'ennuyer, selon des recherches citées par l'auteur.
- La méthode pour mesurer sa propre vitesse de lecture en une minute.
- Les conseils précis pour utiliser le guide visuel.
- Le protocole et le résultat de l'étude menée au CHU de Marseille.
n°2 · Cerveau / neurosciences : mode d'emploi !
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