Qu'est-ce qu'une cogni'classe, et que change-t-elle pour les élèves ?
Une cogni'classe n'est pas un modèle clé en main. Dans le n°2 d'Innovation en Éducation, Jean-Luc Berthier explique comment des enseignants s'appuient sur les sciences cognitives pour faire mieux apprendre leurs élèves.
Tiré du magazine · n°2Cerveau / neurosciences : mode d'emploi !
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C'est une classe dont un ou plusieurs enseignants appuient leurs pratiques sur les connaissances des sciences cognitives, autour de la mémoire, de l'attention, de la compréhension, de l'implication active et de la métacognition. Jean-Luc Berthier, fondateur de l'organisation Apprendre et Former avec les sciences cognitives et proviseur honoraire, présente la démarche dans le n°2 d'Innovation en Éducation. Il insiste sur un point : il ne s'agit pas d'une méthode figée, mais d'une manière d'avancer pas à pas, avec la recherche.
Un éclairage, pas une révolution
L'article s'ouvre sur une précaution que l'on apprécie. Pour Jean-Luc Berthier, la prise en compte de ce que l'on sait du cerveau qui apprend ne balaie pas les pratiques existantes. Elle s'y intègre, en signalant les endroits où notre façon d'enseigner s'accorde mal avec la manière dont le cerveau perçoit, retient et retrouve les informations. Il voit dans les sciences cognitives un moyen d'appuyer les pratiques sur des arguments vérifiés, ce qui rapproche un peu plus la pédagogie d'une science.
La mémoire, mal connue de tous
Le premier exemple développé est celui de la mémoire. Jean-Luc Berthier rappelle qu'elle est multiple et que l'oubli est rapide après un premier apprentissage. Pour qu'une notion importante s'installe, il faut y revenir à plusieurs reprises, en espaçant progressivement les rappels. L'article détaille ce calendrier et la façon dont l'enseignant l'organise dans l'année.
Il insiste surtout sur la manière de mémoriser.
« Car le cerveau est ainsi conçu pour apprendre en s'interrogeant. »
D'où la place des tests dans les cogni'classes, conçus non pour noter mais pour faire mémoriser, à différents moments du cours. Un encadré du magazine présente un outil très simple, sur papier, que les élèves utilisent pour s'interroger eux-mêmes. Son principe et les résultats observés à l'échelle d'une année sont à découvrir dans le numéro. Il se transpose d'ailleurs facilement à la maison.
L'attention se travaille
Le second exemple porte sur l'attention, que l'auteur décrit comme un levier pour mieux exécuter, mieux retenir et faire moins d'erreurs. Elle se développe par l'entraînement. L'article cite des rituels de calme mental en début d'activité, et des exercices qui apprennent à l'élève à préciser ce sur quoi il doit porter son attention et comment s'y prendre. Il invite aussi l'enseignant à réfléchir à sa manière de donner les consignes.
Comprendre, s'impliquer, apprendre à apprendre
Le reste de l'article élargit le propos. Jean-Luc Berthier y aborde la compréhension et son lien avec la mémorisation, le travail en petits groupes organisés, et surtout la métacognition : former les élèves au fonctionnement de leur propre cognition. Il note que cette formation améliore l'implication des élèves. Il soulève aussi une question sensible sur l'ampleur des programmes scolaires.
« Nous préconisons qu'il est préférable d'apprendre moins mais mieux […] »
Il plaide enfin pour faire une place plus grande, à l'école, à des capacités utiles toute la vie, comme l'esprit critique, l'inhibition ou la flexibilité mentale. L'erreur, dans cette approche, change de statut et devient un appui pour apprendre. Cette idée rejoint ce qu'une éducatrice Montessori écrit dans le même numéro sur le rapport à l'erreur : deux traditions différentes qui convergent sur un même point.
Une démarche ouverte
Ce qui caractérise une cogni'classe, selon l'auteur, c'est un état d'esprit : de la curiosité, de l'humilité, une collaboration entre collègues et avec les chercheurs. Chaque équipe choisit les pistes qu'elle veut explorer. Pour les enseignants qui s'interrogent sur la place des sciences cognitives dans leur métier, l'article propose ainsi une entrée progressive, sans tout bouleverser.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une cogni'classe ?
C'est une classe où un ou plusieurs enseignants s'appuient sur les sciences cognitives pour travailler la mémoire, l'attention, la compréhension, l'implication et la métacognition des élèves. Il n'existe pas de modèle unique.
Comment mieux mémoriser une leçon ?
Selon Jean-Luc Berthier, en s'interrogeant plutôt qu'en relisant, et en revenant sur les notions importantes à intervalles de plus en plus espacés.
À quoi servent les tests dans une cogni'classe ?
Ils servent d'abord à mémoriser, pas à noter : vérifier les prérequis en début de cours, s'assurer de la compréhension en cours de route, ancrer l'essentiel en fin de séance.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le calendrier des rappels espacés pour retenir durablement une notion.
- L'encadré sur les fiches mémo, avec leur mode d'emploi et les résultats observés sur une année.
- Les exercices d'attention et les conseils pour formuler les consignes.
- Les pratiques de travail en groupe et de différenciation des cogni'classes.
- La réflexion de l'auteur sur les programmes et sur l'évolution du métier d'enseignant.
n°2 · Cerveau / neurosciences : mode d'emploi !
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