Comment nourrir le « bon loup » de son enfant ? Trois conseils
Une fable amérindienne ouvre l'article de Mélusine Harlé dans le n°5 d'Innovation en Éducation, qui en tire trois conseils pour une éducation à la fois bienveillante et exigeante.
Tiré du magazine · n°5Les pédagogies différentes
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Mélusine Harlé partage depuis plus de dix ans les apports de la recherche en pédagogie, en neurosciences et en psychologie pour favoriser le bien-être en famille, à l'école et au travail. Dans le n°5 d'Innovation en Éducation, elle propose aux parents trois conseils pour une éducation à la fois bienveillante et exigeante, tirés de son ouvrage Les 5 clés d'une éducation réussie. Le fil conducteur : une fable.
Quelle est l'histoire des deux loups ?
Un soir, un vieil Indien raconte à son petit-fils que chacun a en lui deux loups qui se livrent bataille. Le premier incarne la sérénité, la gentillesse, la joie, la générosité. Le second, la peur, la colère, le mépris, la haine. L'enfant demande lequel gagne.
« Lequel de ces loups gagne la bataille ? - Celui qu'on nourrit mon enfant, celui qu'on nourrit, répond le grand-père. »
Pour l'autrice, cette métaphore parle aux parents, qui nourrissent chaque jour leurs enfants de leurs peurs, de leurs joies, de leurs paroles et de leurs actes. Elle ne leur fait pas de reproche : elle reconnaît que ce n'est pas facile dans un contexte de crises permanentes, et dans une société qui cultive l'urgence et la peur. Elle propose donc trois conseils, comme autant de façons de nourrir le loup de la sérénité.
Pourquoi commencer par l'amour inconditionnel ?
Donner et exprimer son amour sans condition est, selon elle, un élément clé de toute éducation positive. Quand un enfant hésite entre plusieurs avenirs, aventurier, maître, astronaute, lui dire que l'on sera fier de lui quel que soit son choix, pourvu que cela le rende heureux, c'est lui offrir une assurance précieuse : celle de pouvoir être lui-même et d'être aimé.
« Même si votre enfant ne fait pas comme vous, même s'il est différent de vous, aimez-le. »
Que veut dire « co-construire le quotidien » ?
Le deuxième conseil consiste à nourrir le besoin de l'enfant d'agir sur sa vie. L'autrice propose de construire avec lui le quotidien, par des échanges réguliers et des essais, tout en gardant une posture de parent qui structure et maintient un cadre de référence, plutôt qu'il ne se contente d'ordonner. Elle donne quelques exemples du quotidien, comme le choix des habits ou des menus. Elle présente aussi une pratique, les activités autonomes encadrées, que le magazine détaille.
Comment cultiver l'autonomie en sécurité ?
C'est le troisième conseil, qu'elle juge sans doute le plus difficile pour un parent, car il suppose de lâcher prise en confiance, tout en restant plus disponible et vigilant. Il s'agit de donner régulièrement à l'enfant l'occasion de faire seul, sous l'œil de l'adulte. L'autrice propose pour cela un contrat en quatre temps entre le parent et l'enfant, qu'elle illustre avec un exemple de cuisine : un gâteau au chocolat que l'enfant prépare seul, avec ses règles de sécurité et de rangement. Le détail de ce contrat est dans l'article du magazine.
Dans le même numéro, Michel Claeys Bouuaert aborde l'autonomie sous l'angle de la reconnaissance du choix. Les deux textes se complètent : l'un sur le regard, l'autre sur des gestes très concrets.
Pourquoi ces trois conseils ?
Les trois conseils ont un point commun : ils portent moins sur ce que l'enfant doit faire que sur le terrain dans lequel il grandit. L'amour inconditionnel nourrit son besoin d'amour, d'estime et d'appartenance, la co-construction son besoin d'agir, l'autonomie sécurisée sa capacité à faire seul sur une base solide. L'autrice parle d'une éducation bienveillante et exigeante : bienveillante parce qu'elle ne pose pas de condition à l'amour, exigeante parce qu'elle maintient un cadre et attend de l'enfant qu'il s'engage. Elle précise que la posture des parents évolue : il ne s'agit plus d'ordonner, mais de structurer et de faire évoluer. Aucun de ces conseils ne suppose d'être un parent parfait. L'image du loup le rappelle avec simplicité : ce qui compte, c'est ce que l'on nourrit au quotidien, un peu chaque jour, et non un geste isolé.
Questions fréquentes
Faut-il laisser son enfant choisir son avenir ?
Mélusine Harlé conseille de lui dire que l'on sera fier de lui quel que soit son choix, pourvu qu'il le rende heureux. C'est ce qu'elle appelle l'amour inconditionnel.
À quel âge peut-on laisser un enfant cuisiner ou aller seul à l'école ?
L'autrice parle d'enfants qui le demandent et que l'on estime prêts : c'est au parent d'apprécier, au cas par cas, ce que son enfant peut assumer.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le texte complet de la fable des deux loups.
- Les exemples concrets de co-construction : choix des habits, des menus.
- Le contrat en quatre temps pour cultiver l'autonomie, avec l'exemple du gâteau au chocolat.
- Le portrait de l'autrice et la référence de son ouvrage.
