Que faire quand mon ado n'est pas prêt à choisir son orientation ?
Tous les élèves choisissent au même moment, mais tous ne sont pas prêts. Anne Blandin, coach experte en neurosciences, décrit les blocages les plus fréquents et ce que les parents peuvent faire.
Tiré du magazine · n°10Orientation : quel avenir pour mon enfant ?
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Choix d'options, vœux d'orientation : ils tombent au même moment pour tous les élèves, alors que tous ne sont pas prêts à les faire. Cela génère beaucoup d'anxiété, chez les adolescents comme chez leurs parents. Anne Blandin, coach consultante, experte en neurosciences et diplômée de Sciences Po, accompagne de nombreuses familles dans cette situation. Elle répond aux questions du n°10 d'Innovation en Éducation.
L'incapacité à choisir est-elle fréquente ?
Très. Elle touche aussi bien les bons élèves que ceux qui sont en difficulté, et tous les milieux, même si les enfants d'ouvriers et d'employés sont plus stressés. Elle s'appuie sur une étude citée par le magazine, selon laquelle la nécessité de choisir une orientation est une source de difficultés pour une grande majorité d'adolescents. Les élèves en décrochage voient souvent, eux, l'orientation comme une façon d'échapper à l'école.
« La nécessité de faire des choix d'orientation est une source de difficultés pour 85,6 % des adolescents […] »
D'où viennent ces blocages ?
Anne Blandin précise qu'ils sont rarement dus à une seule cause. Le premier facteur est physiologique : à l'adolescence, le système limbique, qui participe au plaisir de prendre des risques, est plus sensible, et cette phase de transition ne démarre pas au même moment pour tous. D'autres facteurs sont culturels : en France, on considère l'orientation comme le dernier maillon d'un parcours scolaire, avec les notes et Parcoursup pour objectif, plutôt que comme le premier maillon d'un parcours professionnel. Le tout dans un océan d'informations en ligne où l'on cherche quand on ignore ce que l'on cherche.
Derrière ces blocages, une peur revient souvent.
« Les jeunes qui "ne sont pas prêts", expriment souvent la peur de se tromper, de ne pas être capables, l'inquiétude de grandir. »
Que conseille-t-elle aux parents ?
Plutôt que de multiplier les propositions, même bienveillantes, ou de courir les salons, elle recommande de prendre le temps d'échanger sur le blocage lui-même : interroger l'enfant sur ses peurs, lui parler de sa propre orientation et de ses propres doutes. Cet effet miroir peut rouvrir le dialogue. Elle suggère aussi de lui faire rencontrer d'autres jeunes qui ont traversé la même étape, en dehors de la fratrie, pour éviter la comparaison.
« Dédramatiser, lui dire qu'il est normal à son âge de ne pas savoir. »
Et concrètement, quand il faut quand même choisir ?
L'image qu'elle emploie est celle d'un GPS : on ne peut pas programmer un trajet sans les coordonnées de départ et d'arrivée, or beaucoup de jeunes ne connaissent d'eux-mêmes que leurs compétences scolaires. Sa méthode, Un après-midi pour demain, aide à identifier des repères de départ qui ne sont pas académiques. Elle donne ensuite trois attitudes pour avancer, dont la première est de se laisser le droit d'expérimenter : en Troisième et en Seconde, des stages permettent de se confronter à la réalité d'un métier plutôt qu'à une représentation. Le magazine détaille les deux autres, ainsi que la manière dont les neurosciences éclairent le sujet.
Questions fréquentes
Est-ce un problème si mon adolescent ne sait pas ce qu'il veut faire ?
Non. Anne Blandin le dit clairement : ne pas connaître les métiers qui existent est tout à fait logique à cet âge.
Faut-il lui proposer des idées de métiers ?
Elle déconseille d'en multiplier : mieux vaut comprendre d'abord ce qui bloque, par le dialogue.
Un premier choix est-il définitif ?
Selon elle, s'engager n'est pas définitif. Un choix pour une année, avec un contrat clair entre parents et jeune, peut être réinterrogé.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les facteurs de blocage décrits un à un, du physiologique au culturel.
- Les conseils d'Anne Blandin aux parents, avec l'effet miroir.
- Le raisonnement de la méthode Un après-midi pour demain et ses appuis neuroscientifiques.
- Les trois attitudes à adopter quand il faut choisir sans être prêt.
