Pourquoi la relation parent-enfant est-elle si fondatrice ?
Avant les mots, il y a le regard, le toucher, la présence. Dans le n°28 d'Innovation en Éducation, Frédérique Caffier rappelle pourquoi la relation parent-enfant façonne le cerveau, et ce qui aide à l'entretenir.
Tiré du magazine · n°28Protéger nos enfants des relations toxiques
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Un nourrisson ne parle pas, et pourtant tout se joue déjà : le toucher, le regard, la voix. Pour Frédérique Caffier, psycho-praticienne et gestalt-thérapeute, ce contact est le premier canal de communication entre un enfant et ses parents, et il participe à la construction de son cerveau. Dans le n°28 d'Innovation en Éducation, elle explique pourquoi ce lien est fondateur, et ce qui peut le fragiliser sans que personne ne le veuille.
Elle a fondé l'association Parlons-en, qui soutient la parentalité, anime des ateliers de communication selon la méthode Faber et Mazlish et organise des films-débats sur l'éducation. Elle a aussi accompagné de nombreuses victimes de relations toxiques.
Qu'est-ce qu'un lien « sécure » ?
C'est la notion sur laquelle repose l'article. En s'appuyant sur la théorie de l'attachement de John Bowlby, l'autrice décrit un lien affectif stable et rassurant, fait de comportements parentaux cohérents, constants et prévisibles, qui répondent aux besoins émotionnels de l'enfant. Ce type de lien l'aide à se sentir digne d'amour, à développer sa confiance en lui et à mieux réguler ses émotions. La juste distance y est respectée, ce qui favorise l'autonomie.
Elle en déduit l'intérêt d'une éducation à la relation : empathie, gestion des émotions, communication bienveillante, autant de compétences qui permettent de prévenir les violences et de construire des relations fondées sur le respect.
Qu'est-ce qui peut fragiliser ce lien ?
Nos modes de vie, plus que nos intentions. L'autrice cite l'isolement, le rythme effréné des parents et la surstimulation numérique. Elle évoque aussi un fait moins visible : certains parents reproduisent sans le vouloir des schémas qu'ils ont eux-mêmes connus, faute d'avoir eu un modèle relationnel ou le droit d'exprimer leurs émotions. Ce n'est pas un reproche, mais un constat, qui explique pourquoi l'amour seul ne suffit pas.
« On nous dit que pour être parent, l'amour suffit et pourtant il ne suffit pas. »
Comment devenir plus conscient de ses réactions ?
Par la prise de conscience, répond-elle. Dans ses ateliers, elle fait ressentir aux parents ce que l'enfant éprouve dans certaines situations : l'impact de ce que l'on dit et de ce que l'on fait sur sa motivation, sa coopération et l'estime qu'il a de lui-même. L'éducation devient alors consciente plutôt qu'automatique. Elle précise qu'elle ne plaide pas pour l'éducation laxiste : il est essentiel, dit-elle, de poser des limites, et les interdits construisent l'enfant.
Sur la violence éducative, elle prend une position nette, qu'elle étaye sur le droit : l'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ou psychologiques, selon la loi du 10 juillet 2019. Elle reprend aussi cette idée à sa façon, avec une formule volontairement frappante.
« On ne dresse pas un enfant : on lui donne les clefs pour qu'il s'épanouisse sans avoir recours à la violence ni à l'autoritarisme […]. »
Que retenir en pratique ?
Son résumé tient en une phrase : les enfants apprennent surtout par observation, et les parents sont leur modèle. Elle propose une série de repères, des règles « 3C » (claires, cohérentes et constantes) à l'idée de ne pas poser d'étiquettes sur l'enfant, en passant par des actes de réparation à la place des punitions. Elle invite enfin chacun à reprendre contact avec l'enfant qu'il a été, et à se faire accompagner au besoin pour ne pas transmettre ses « casseroles ».
Questions fréquentes
Pourquoi le lien d'attachement est-il si important ?
Parce qu'un lien stable et rassurant aide l'enfant à se sentir digne d'amour, à développer sa confiance en lui et à mieux réguler ses émotions, selon l'autrice.
Comment aider un enfant sans faire à sa place ?
L'article propose d'aider l'enfant « en ne faisant pas pour lui », ce qui favorise son autonomie, et de remplacer les punitions par des actes de réparation.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le résumé en trois volets : communiquer, respecter soi et les autres, et ne pas dresser l'enfant.
- La liste des repères éducatifs, dont les règles « 3C », la réparation et le refus des étiquettes.
- La présentation de la méthode Faber et Mazlish et des ateliers qui font ressentir l'impact de ses mots.
- L'encadré « CQFD ! » et le rappel du cadre juridique.
