TDAH ou difficulté de concentration : comment faire la différence ?
Tous les enfants qui ont du mal à se concentrer n'ont pas un TDAH. Dans le n°23 d'Innovation en Éducation, la formatrice Bénédicte Dubois aide à distinguer les situations et propose des pistes concrètes.
Tiré du magazine · n°23Problème d’attention, le nouveau mal du siècle ?
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Une difficulté de concentration est en général passagère et liée à une situation, alors que le TDAH est un trouble du neurodéveloppement, durable, qui se manifeste dans plusieurs milieux de vie et dont le diagnostic revient à des professionnels. C'est la distinction que pose Bénédicte Dubois, formatrice spécialiste de l'école inclusive, dans le n°23 d'Innovation en Éducation. Dans les deux cas, rappelle-t-elle, l'enfant a besoin qu'on l'aide.
Difficulté ou trouble : pourquoi les mots comptent
Entre les témoignages qui circulent sur les réseaux sociaux et les articles qui se contredisent, il n'est pas simple de s'y retrouver. Bénédicte Dubois commence donc par clarifier le vocabulaire. Parler de difficulté, c'est désigner quelque chose de temporaire : un enfant peut peiner à se concentrer pendant une période chahutée de sa vie de famille, un déménagement par exemple. Parler de trouble, c'est désigner une origine neurologique, qui touche une ou plusieurs fonctions cognitives et pèse souvent sur les apprentissages.
« Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement associé à des petites différences dans la structure et le fonctionnement du cerveau des personnes concernées. »
L'article précise sur quels repères s'appuient les professionnels. Le diagnostic se construit au fil de plusieurs consultations, auprès d'un pédiatre, d'un neurologue, d'un pédopsychiatre ou d'un neuropsychologue. Il suppose des manifestations apparues avant 12 ans, présentes depuis au moins six mois, et observées dans plusieurs contextes : à l'école, à la maison, pendant les loisirs. Ces critères rappellent qu'un comportement isolé, même fréquent, ne suffit pas à conclure, et que ce diagnostic n'appartient ni au parent ni à l'enseignant.
Trois manifestations, des profils très différents
Bénédicte Dubois décrit les trois grandes manifestations du TDAH : l'inattention, l'impulsivité et l'agitation motrice. Elle illustre chacune par des situations concrètes de classe et de maison. Mais son point le plus utile tient peut-être dans ce qui suit : ces manifestations varient beaucoup d'un jeune à l'autre. Elles peuvent coexister, ou l'une peut l'emporter nettement, et certaines formes se traduisent surtout par de l'inattention, sans agitation visible. L'image de l'enfant qui ne tient pas en place ne résume donc pas le trouble.
L'article dissipe aussi deux idées reçues qui pèsent lourd sur les familles :
« Le TDAH ne résulte pas d'un problème d'éducation et n'est pas non plus une conséquence de l'exposition des enfants aux écrans. »
Selon les chiffres de handicap.gouv.fr cités dans le magazine, 6 % des enfants en France sont concernés.
Ce qui aide en classe
Comme les manifestations sont variées, il n'existe pas de solution unique. Bénédicte Dubois propose plutôt une série de pistes qui relèvent, dit-elle, du bon sens. Deux exemples : renouer le contact avec l'élève à chaque retour en classe, d'un sourire ou d'un mot ; et permettre le mouvement plutôt que de le contenir, en laissant par exemple l'élève travailler debout. Elle explique aussi pourquoi une simple balle à serrer peut aider certains enfants à rester vigilants. La liste complète, une dizaine de gestes, est à lire dans le magazine.
Ce qui aide à la maison
Pour les parents, la difficulté est souvent de trouver l'équilibre entre trop de souplesse et trop de fermeté. L'autrice suggère notamment de formuler des consignes courtes, positives et précises, et de valoriser les comportements attendus, même modestes, pour aider l'enfant à se forger une image positive de lui-même. Une dépense physique avant les devoirs fait aussi partie des pistes : un encadré du numéro explique que l'activité physique éveille l'attention pendant 20 à 30 minutes, ce que développe à sa manière l'article consacré au mouvement.
Enfin, une note d'espoir : l'attention s'entraîne, y compris chez les jeunes qui ont un TDAH. Bénédicte Dubois, co-autrice du programme ATOLE collège avec Jean-Philippe Lachaux, cite une méta-analyse qui va dans ce sens.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon enfant a un TDAH ?
Seul un professionnel (pédiatre, neurologue, pédopsychiatre ou neuropsychologue) peut le dire, au terme de plusieurs consultations. Le diagnostic suppose des manifestations apparues avant 12 ans, durables et présentes dans plusieurs milieux de vie.
Le TDAH est-il causé par les écrans ou par l'éducation ?
Non. L'article le rappelle clairement : le TDAH ne résulte ni d'un problème d'éducation ni de l'exposition aux écrans.
Peut-on aider un enfant qui a du mal à se concentrer sans attendre un diagnostic ?
Oui. Qu'il s'agisse d'une difficulté passagère ou d'un trouble, Bénédicte Dubois recommande de proposer des aménagements et des stratégies adaptés aux besoins de l'enfant.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le détail des trois manifestations du TDAH, avec des exemples concrets à l'école et à la maison.
- La liste complète des pistes pour la classe, de la place de l'enseignant aux responsabilités confiées à l'élève.
- Les conseils aux parents, dont la façon de formuler une consigne et d'aborder les disputes entre frères et sœurs.
- L'encadré sur les plateformes de coordination et d'orientation (PCO), qui organisent le repérage précoce.
- Les chiffres du TDAH en France et les sources pour aller plus loin.
n°23 · Problème d’attention, le nouveau mal du siècle ?
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