Bouger aide-t-il les enfants à se concentrer ?
Et si le manque de mouvement pesait autant que les écrans sur l'attention des enfants ? C'est la piste que défendent Soundély et Sanjeev dans le n°23 d'Innovation en Éducation.
Tiré du magazine · n°23Problème d’attention, le nouveau mal du siècle ?
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C'est la conviction que défendent Soundély et Sanjeev, créateurs des ateliers Kurma Loka à La Réunion, dans le n°23 d'Innovation en Éducation : pour eux, le mouvement n'est pas un simple complément aux apprentissages, mais leur point de départ. En développant les sens et l'équilibre, il préparerait le terrain d'une attention durable. Une piste qui rejoint ce que d'autres contributeurs du numéro observent, en classe comme à la maison.
La sédentarité, un facteur plus discret que les écrans
Quand un enfant a du mal à rester attentif, on pense d'abord aux écrans et aux sollicitations permanentes. Les auteurs invitent à regarder aussi ailleurs : les enfants bougent de moins en moins. Grimper aux arbres, courir, sauter à la marelle faisaient autrefois partie du quotidien. Ces activités se raréfient, et avec elles des expériences qui nourrissent le développement.
« Un corps en mouvement est la clé pour un esprit concentré. »
Les sens avant les savoirs
Leur raisonnement repose sur ce qu'ils appellent une hiérarchie des apprentissages. Avant de lire ou d'écrire, l'enfant doit maîtriser des bases physiques, liées à ses sens et à la perception de son propre corps. Deux systèmes jouent ici un rôle particulier. Le système vestibulaire, qu'ils surnomment le GPS interne du corps, gère l'équilibre, la posture et la planification des mouvements. Le système proprioceptif renseigne le cerveau sur la position du corps dans l'espace, ce qui sert par exemple à tenir un crayon ou à suivre une ligne de texte.
Selon les auteurs, la maturation de l'équilibre ne s'achève que vers 12 ans, et un enfant qui bouge peu développe moins bien ces systèmes. En classe, cela pourrait se traduire par une difficulté à rester immobile et une attention qui s'éparpille, le cerveau étant accaparé par des tâches corporelles de base. Ils s'appuient notamment sur la neuroscientifique Carla Hannaford, pour qui le mouvement oxygène le cerveau et favorise la coopération entre ses deux hémisphères.
Un regard partagé dans le numéro
Cette place donnée au corps n'est pas isolée dans le n°23. La neuroscientifique Karine Bressand range le mouvement parmi les besoins à respecter pour développer l'attention d'un enfant. L'encadré de la fiche sur le TDAH rappelle que l'activité physique éveille l'attention pendant 20 à 30 minutes. Et plusieurs enseignants qui témoignent dans le numéro racontent leurs pauses actives et leur mobilier mobile.
Soundély et Sanjeev vont plus loin, et appellent l'école à redonner au mouvement une place centrale plutôt qu'à réduire le temps d'éducation physique et de jeu libre. Une position engagée, qui ouvre un débat utile entre parents et enseignants sur la place du corps dans la journée d'un enfant, et sur ce qu'il est possible de changer sans moyens particuliers.
Avant les exercices, une posture
L'article se termine par des conseils pratiques, précédés de quelques préalables. Les auteurs insistent sur un climat de sécurité : un enfant qui se sent rassuré et en lien avec l'adulte est plus disponible pour apprendre. Ils invitent aussi l'adulte à pratiquer lui-même les exercices qu'il propose, puisque les enfants apprennent beaucoup par imitation, et à donner à chaque activité une intention claire.
Ils proposent ensuite de considérer l'attention comme un muscle, qui se renforce par des exercices réguliers entrecoupés de pauses. Ils suggèrent d'aider les enfants à repérer les signes qui montrent que leur attention s'en va, et à la retrouver grâce à des techniques simples, comme la respiration. Parmi leurs pratiques concrètes figurent une routine de mouvement le matin, pour préparer le cerveau à la journée, et de courtes pauses actives à intervalles réguliers. Le détail de ces pratiques, avec la fréquence recommandée et les exercices sensoriels à faire en classe, est à lire dans le magazine.
Questions fréquentes
Le manque d'activité physique peut-il gêner la concentration ?
C'est la thèse de Soundély et Sanjeev : selon eux, un enfant qui bouge peu développe moins bien son équilibre et la perception de son corps, ce qui mobilise une part de son attention au détriment des apprentissages.
Comment intégrer plus de mouvement dans la journée d'un enfant ?
Les auteurs suggèrent une routine de mouvement le matin et des pauses actives courtes et régulières, en classe comme à la maison.
Qu'est-ce que le système vestibulaire ?
C'est le système sensoriel qui gère l'équilibre et la posture, et participe à la planification des mouvements. Les auteurs le surnomment le « GPS interne du corps ».
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La hiérarchie des systèmes sensoriels, du vestibulaire au visuel, et le rôle de chacun dans l'attention.
- Les approches corporelles dont s'inspirent les ateliers Kurma Loka.
- Les préalables à respecter avant de proposer des exercices aux enfants.
- Trois pratiques concrètes, avec la fréquence et la durée des pauses actives recommandées.
- Une ressource complémentaire proposée par les auteurs aux lecteurs du magazine.
n°23 · Problème d’attention, le nouveau mal du siècle ?
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