Élève TDAH en classe : quels aménagements simples pour l’aider ?
Un élève avec un trouble de l’attention mobilise beaucoup d’énergie, et l’enseignant se sent parfois démuni. Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, Julie Dozinel, professeure de français au collège, partage cinq conseils tirés de sa pratique.
Tiré du magazine · n°6Accompagner les enfants atypiques
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Pour aider un élève TDAH en classe, Julie Dozinel, professeure de français au collège Jean Mermoz de Chauffailles, commence par le dialogue avec l’élève, sa famille et les professionnels qui le suivent. Elle recommande ensuite de valoriser l’élève, de hiérarchiser ce qu’on lui demande et d’aménager simplement l’espace de la classe. Elle n’oublie pas l’enseignant lui-même, qui a besoin de préserver son énergie pour tous ses élèves.
Ces cinq conseils, publiés dans le n°6 d’Innovation en Éducation, prolongent la fiche du numéro qui explique ce qu’est le TDAH. Ils s’adressent aux enseignants, mais aussi à tous les professionnels qui accompagnent des enfants au quotidien.
Changer de regard sur le comportement de l’élève
Le point de départ de Julie Dozinel est un changement de lecture. Un élève qui se lève, interrompt, oublie ou s’agite peut donner l’impression de chercher la confrontation. Elle invite à voir les choses autrement :
« Rappelez-vous bien que les troubles de ces enfants sont bien réels et que ce n’est pas pour vous nuire qu’ils agissent ainsi. »
Ce rappel ne nie pas la difficulté pour l’enseignant. Il déplace simplement la question : il ne s’agit plus de faire cesser un comportement, mais de comprendre ce qui se passe pour l’élève et d’ajuster ce qui peut l’être. Les élèves concernés, souligne-t-elle, sont souvent les premiers à souffrir d’être perçus comme différents.
Pourquoi parler avec l’élève, sa famille et les autres professionnels ?
Comme dans ses clés pour les élèves DYS, Julie Dozinel place la parole au premier rang. Discuter avec l’élève lui-même, qui apprécie l’attention qu’on lui porte et peut dire si les aménagements lui conviennent. Informer la famille que son enfant est pris en compte et que des aides sont mises en place. Consulter les professionnels qui l’accompagnent. Pour elle, cette communication désamorce bien des situations, et permet à chacun de devenir co-acteur des apprentissages de l’enfant.
Évaluer et valoriser autrement
C’est l’un des passages les plus concrets de son texte. L’évaluation, observe-t-elle, est source d’angoisse pour beaucoup d’enfants, et plus encore pour ces élèves-là. Elle propose donc de l’adapter, par exemple en remplaçant la note chiffrée par d’autres repères qui montrent à l’élève qu’il progresse. Le magazine précise lesquels.
Elle insiste aussi sur le poids des mots de l’enseignant. Quelques phrases d’encouragement, prononcées au bon moment, peuvent devenir de vrais moteurs pour des élèves qui manquent souvent de confiance. Elle le dit avec une lucidité bienveillante sur l’institution scolaire :
« Dans une institution où nous avons tendance à pointer du doigt tout ce qui est négatif, ces petites phrases ne pourront être que bénéfiques pour des élèves qui manquent bien souvent de confiance en eux. »
Accepter que l’élève ne soit pas toujours disponible
Demander à un élève TDAH de se concentrer en permanence revient à lui demander ce qui lui coûte le plus. Julie Dozinel propose donc de choisir ses batailles : réserver la sollicitation de son attention aux moments qui comptent vraiment, à travers de petits défis, et accepter qu’il ne soit pas toujours prêt à suivre ce qui est proposé. Hiérarchiser ses demandes devient alors une compétence d’enseignant à part entière.
Les deux derniers conseils de sa liste portent sur l’aménagement de l’espace de la classe et sur l’enseignant lui-même. Le premier propose des solutions simples et peu coûteuses, que le magazine détaille. Le second est une invitation à prendre soin de soi qui fait du bien à lire : on ne peut pas tout porter seul, et faire de son mieux, c’est déjà beaucoup.
Pour aller plus loin sur l’organisation de la classe, un autre article du numéro propose de repenser l’espace et les apprentissages pour accueillir tous les élèves atypiques.
Questions fréquentes
Un élève TDAH fait-il exprès de perturber la classe ?
Non. Julie Dozinel rappelle que ses troubles sont réels et qu’il n’agit pas pour nuire à l’enseignant. Il est souvent le premier à souffrir d’être perçu comme différent.
Faut-il noter un élève TDAH comme les autres ?
Julie Dozinel suggère d’adapter l’évaluation, quitte à remplacer la note chiffrée par d’autres repères qui montrent la progression, car la note peut être très anxiogène pour certains élèves.
Comment ne pas s’épuiser quand on accompagne un élève TDAH ?
En s’appuyant sur les autres professionnels qui entourent l’enfant, en hiérarchisant ses demandes et en prenant du temps pour soi. L’enseignant n’est pas seul face à la situation.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les cinq conseils de Julie Dozinel en entier.
- Les alternatives à la note chiffrée qu’elle propose pour évaluer sans angoisser.
- Les aménagements de l’espace de la classe qu’elle recommande, simples et peu coûteux.
- Ses conseils pour que l’enseignant préserve son énergie au service de tous ses élèves.
n°6 · Accompagner les enfants atypiques
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