Comment des enseignants aident-ils leurs élèves à rester attentifs ?
Comment, concrètement, aider une classe à rester attentive ? Douze abonnés enseignants ont répondu à la question pour le n°23 d'Innovation en Éducation.
Tiré du magazine · n°23Problème d’attention, le nouveau mal du siècle ?
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En variant les formats, en laissant bouger et en expliquant aux élèves comment fonctionne leur attention. Pour le n°23 d'Innovation en Éducation, douze abonnés enseignants, du CP à l'université, ont raconté ce qu'ils font concrètement pour aider leurs élèves à rester attentifs. Leurs réponses ne dessinent pas une méthode unique, mais un ensemble de gestes qui se répondent d'une classe à l'autre.
Motiver pour capter l'attention
Plusieurs enseignants partent du même constat : un élève motivé est un élève attentif. Amira, en CE2 à Paris, construit son année autour d'un grand projet, un tour du monde qu'elle décline différemment chaque année, sans renoncer pour autant à des temps plus classiques. À l'université de Montpellier, Christelle enseigne les statistiques à des étudiants dont ce n'est pas la spécialité. Elle a abandonné les diaporamas pour revenir au tableau, instauré des pauses régulières et un court quiz à chaque reprise, pour vérifier ce qui a été compris.
« Ce simple principe augmente mécaniquement l'attention portée au cours. »
Elle raconte aussi comment l'apprentissage par projet a renversé son rôle : ce sont désormais les étudiants qui choisissent la question à laquelle leurs données vont répondre.
Raconter plutôt qu'exposer
Capucine, en CE1 à Paris, a remplacé le cours d'histoire par un récit, à la manière d'un parent qui raconterait sa jeunesse en feuilletant un album de famille. Les documents d'époque tiennent lieu de photos, et les questions des élèves viennent d'elles-mêmes.
« Les enfants sont absorbés par ce qui se dit car ils sont à la fois spectateurs et acteurs du moment. »
Au collège, Mélanie fait un choix voisin avec une feuille de route qui laisse chacun avancer à son rythme, et lui permet de repérer plus facilement ceux qui décrochent.
Aménager l'espace, laisser bouger
D'autres agissent sur l'environnement. Micaël, à Lausanne, a profité d'une nouvelle salle pour reléguer au fond les affichages non indispensables : ce qui soutient parfois l'apprentissage peut aussi emmener les esprits ailleurs au mauvais moment. Une observation qui rejoint ce que la formatrice Nicole Bouin rapporte des élèves les plus sensibles aux distractions, dans son article sur l'attention en classe.
Le mouvement revient souvent. Flore, en CP, ménage entre deux séances une pause active d'une dizaine de minutes, menée à tour de rôle par les élèves. Au collège, Clémence a équipé sa classe de pédaliers, de coussins d'équilibre et de tables hautes en libre accès. Elle constate une vraie différence depuis quatre ans, en particulier chez les élèves qui ont un TDAH. Un témoignage cohérent avec l'idée défendue dans l'article sur le mouvement.
Nommer l'attention avec les élèves
Enfin, plusieurs enseignants misent sur la prise de conscience. Laetitia et Agnès se sont formées au programme ATOLE de Jean-Philippe Lachaux et expliquent à leurs élèves ce qui se passe dans leur tête quand ils apprennent. Aline, en CE1, ouvre l'année par une petite démonstration silencieuse inspirée de la pédagogie Montessori, puis demande aux élèves de dire ce qu'ils ont vu et comment ils étaient en la regardant. Les mots qu'ils trouvent lui servent ensuite, toute l'année, à leur rappeler ce que veut dire être concentré.
D'autres témoignages complètent ce panorama dans le magazine, dont celui de Nadège, enseignante spécialisée en RASED, qui fait réaliser de petits films d'animation à des élèves en grande difficulté d'attention, ou celui de Benoît, qui organise sa classe en ateliers tournants de vingt minutes.
Questions fréquentes
Comment favoriser l'attention des élèves en classe ?
Les enseignants qui témoignent dans le n°23 combinent plusieurs leviers : projets motivants, temps collectifs courts, pauses actives, aménagement de l'espace, et explication aux élèves du fonctionnement de leur attention.
La classe flexible aide-t-elle les élèves qui ont un TDAH ?
Une enseignante de collège qui a équipé sa classe de pédaliers, de coussins d'équilibre et de tables hautes rapporte une nette différence, en particulier chez ces élèves. C'est un témoignage de terrain, pas une étude.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les douze témoignages complets, du CP à l'université.
- La démonstration silencieuse d'Aline en début d'année, et l'organisation de sa journée en temps courts et en choix.
- Le projet de film d'animation de Nadège, étape par étape.
- L'organisation en ateliers tournants de Benoît et les outils qu'il utilise.
- Les rituels d'Agnès, dont la cohérence cardiaque et le signal « position d'écoute ».
n°23 · Problème d’attention, le nouveau mal du siècle ?
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