Comment faire grandir l'empathie d'un enfant, en classe et à la maison ?
Au Danemark, des cours d'empathie sont obligatoires à l'école depuis 1993. Dans le n°12 d'Innovation en Éducation, la psychomotricienne Stéphanie Couturier explique comment la cultiver chez nous, à la maison comme en classe.
Tiré du magazine · n°12Ces perles qu'on n'apprend pas assez à l'école
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Comprendre ce que ressent l'autre, sans s'y confondre : voilà l'empathie. Pour Stéphanie Couturier, elle se cultive, et des jeux simples suffisent à commencer, qu'on soit parent ou enseignant.
Psychomotricienne et sophrologue de formation, Stéphanie Couturier est spécialisée dans l'accompagnement de la sphère émotionnelle et autrice de plusieurs ouvrages, dont Mon enfant hérisson. Dans le n°12 d'Innovation en Éducation, elle part d'une enseignante de Trappes dont toute la pédagogie reposait sur l'empathie : la parole y remplaçait le passage à l'acte, et le calme, la solidarité et la concentration s'installaient. Elle rappelle aussi qu'au Danemark, les cours d'empathie sont obligatoires pour les enfants de 6 à 16 ans depuis 1993.
Qu'est-ce que l'empathie, exactement ?
C'est la capacité à ressentir et à comprendre les émotions de quelqu'un, tout en restant à distance, sans s'identifier à lui. Nul besoin d'apprécier la personne ni de partager son point de vue, ce qui en fait un axe du respect de l'autre.
« Qui que tu sois et quoique tu aies fait, je tente de te comprendre. »
Pour être empathique, il faut connaître le panel des émotions, adopter une attitude de disponibilité, d'écoute et de non-jugement, garder une certaine distance et rester sincère. La bonne nouvelle, c'est que cela se travaille.
Pourquoi l'empathie est-elle si importante ?
Elle apaise, permet de dépasser voire de désamorcer des conflits, et signifie à l'autre qu'on le respecte et qu'on le comprend, même si l'on n'est pas proche de lui.
« L'empathie est le socle du bien-vivre ensemble ! »
Quels jeux pour commencer ?
L'autrice ouvre sa « boîte à outils » avec des jeux et des exercices à l'école et à la maison. Le plus simple est la « météo du cœur » : on crée avec les enfants des panneaux avec les émotions principales, après avoir vérifié que chacun comprend chaque mot, et chaque jour un enfant vient indiquer son émotion et dispose de trente secondes pour expliquer pourquoi.
D'autres jeux suivent dans le magazine, par exemple un bol, un quiz et des boîtes à émotions à tenir à la maison. L'autrice présente aussi le « jeu des trois figures » de Serge Tisseron : une activité théâtrale où les enfants jouent l'agresseur, la victime et le tiers. Elle précise que, selon Tisseron, ce jeu ne stigmatise aucun enfant, et qu'il doit être proposé par des personnes formées à cette technique.
Si ce sujet vous intéresse, vous pouvez prolonger avec la question de savoir si l'empathie s'apprend dès le plus jeune âge.
Le Danemark, un modèle à suivre ?
L'autrice reste prudente. Elle note que le Danemark, seul pays au monde où l'on enseigne véritablement l'empathie, est aussi le deuxième du classement mondial du bonheur, mais admet ne pas savoir si le lien est évident. Elle y voit surtout l'importance accordée au respect des émotions et au bien-être. Elle ajoute que les neurosciences confirment aujourd'hui le rôle du bien-être émotionnel dans le développement de l'enfant, et que de nombreux enseignants se lancent à titre personnel dans cette aventure, féconde mais parfois hasardeuse.
Pourquoi commencer par les émotions ?
Parce que l'on ne peut comprendre celles des autres sans connaître d'abord le panel des siennes. C'est pourquoi la première partie de la boîte à outils porte sur le vocabulaire des émotions, avec des activités pour l'école et pour la maison, parfois ludiques. Ensuite seulement, on peut visiter des ressentis dans différentes situations, comme le propose le jeu des trois figures. Chaque exercice part de soi : il s'agit de parler de ce que l'on a ressenti, sans en faire porter la faute à quelqu'un.
Questions fréquentes
L'empathie peut-elle s'apprendre ?
Oui, selon l'autrice : c'est une capacité qui se cultive, en commençant par apprendre à nommer les émotions et à écouter sans juger.
Empathie et sympathie, c'est la même chose ?
Non. On peut comprendre quelqu'un sans l'apprécier ni partager son point de vue. L'empathie est un axe du respect de l'autre, pas de l'amitié.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les conditions pour être empathique, expliquées pas à pas.
- La suite de la boîte à outils : bol, quiz et boîtes à émotions, avec leurs déroulés.
- Le jeu des trois figures de Serge Tisseron, et les ressources pour s'y former.
- Les adresses pour prolonger la démarche.
n°12 · Ces perles qu'on n'apprend pas assez à l'école
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