Aller au contenu
Nos magazines ↗
Rechercher
Je m'abonne
Apprendre Pédagogie À la maison En classe

La liberté pédagogique a-t-elle un sens avec les tout-petits⁠ ⁠?

Il n'existe pas de programme national pour les 1000 premiers jours. Dans le n°16 d'Innovation en Éducation, Ensemble pour la petite enfance explique comment une liberté d'initiative peut rester au service du tout-petit.

Le n°16 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°16Libertés pédagogiques (mode d'emploi) Voir ce numéro

La liberté pédagogique a-t-elle un sens dans les 1000 premiers jours de l'enfant ? Pas de programme éducatif normé avant la maternelle, pas de formation homogène des professionnels de l'accueil : la notion paraît d'abord réservée à l'école. Pourtant, répondent Pauline Agator, Soline Amir-Tahmasseb et Marion Charpentier, de l'association Ensemble pour la petite enfance, apprendre à apprendre commence tôt. Leur article du n°16 d'Innovation en Éducation défend l'idée qu'une liberté d'initiative est possible, à une condition : qu'elle parte des besoins de l'enfant.

De quoi un tout-petit a-t-il besoin en premier ?

D'adultes disponibles. Le bébé a besoin d'affection et d'un attachement sécure à des personnes qui prennent soin de lui. Les parents sont les figures principales durant les premiers mois, puis le cercle s'élargit, et les professionnels de l'accueil en font partie. Un adulte stable et attentif joue le rôle d'un phare, qui permet à l'enfant d'explorer le monde.

« La liberté pédagogique ne peut se concevoir qu'à travers et à partir des besoins spécifiques du tout-petit. »

Pauline Agator, Soline Amir-Tahmasseb et Marion Charpentier, Ensemble pour la petite enfanceExtrait du n°16, p. 61

Il existe bien un cadre : les « 10 grands principes pour grandir en toute confiance » de la Charte nationale pour l'accueil du jeune enfant, inscrits dans la loi, qui partent des besoins du développement global.

Cette attention aux besoins vient d'une longue histoire. L'article rappelle que la petite enfance est devenue au XIXe siècle une période distincte, d'abord pensée en termes d'hygiène et de santé. Dès les années 1950, la recherche en psychologie du développement a mis en avant les carences affectives liées au manque de contact chez le nourrisson. On sait aujourd'hui qu'un tout-petit n'est pas seulement un corps à préserver et à entretenir.

Pourquoi laisser le bébé explorer librement ?

Parce que, selon les autrices, l'exploration libre est profitable au développement, à l'opposé d'une pédagogie dirigée. Le bébé expérimente, essaie, se trompe, élabore des stratégies. Mais l'autonomie du tout-petit reste relative : il apprend en recevant une réponse à ses actions, et l'adulte qui commente et répond renforce ses capacités émergentes. La régulation émotionnelle n'est pas encore son fort, rappelle l'article, et la présence d'un référent affectif reste indispensable.

Cette liberté-là, écrivent-elles, est plus douce partagée. Le magazine décrit deux « clés pour agir » destinées aux professionnels, l'une sur la posture et les rituels, l'autre sur l'organisation d'un jeu libre qui ne devienne pas une errance.

Que peuvent faire les parents et les professionnels ?

L'article évoque le pouvoir d'agir des parents, que les professionnels de la petite enfance peuvent soutenir en leur transmettant leur regard sur les progrès de l'enfant. Il cite l'exemple des Maisons des 1000 premiers jours, où des facilitatrices animent des groupes de parents, du quatrième mois de la grossesse aux deux ans du bébé, pour qu'ils observent leur enfant ensemble.

Le texte rappelle enfin que les établissements d'accueil sont soumis à des normes d'hygiène et de sécurité contraignantes, qui rendent plus difficiles certaines activités, notamment les sorties dans la nature.

Le texte note par ailleurs que la sensibilisation à la nature reste le parent pauvre de l'éveil en collectivité, alors que la recherche va dans son sens, et que les confinements ont réveillé quelques inspirations. Les autrices y voient un exemple de la manière dont des contraintes légitimes de sécurité peuvent, si on n'y prend garde, étouffer la liberté d'initiative.

Pourquoi réclamer un socle commun de connaissances ?

C'est le plaidoyer de l'association : la liberté, oui, mais avec un socle partagé. Les professionnels doivent parler un langage commun, fondé sur les connaissances scientifiques sur le développement de l'enfant, ce qui suppose des formations initiales et continues actualisées. Faute de quoi les pratiques divergent, les équipes se heurtent, et c'est l'enfant qui en subit les conséquences.

« On ne va pas tirer sur des feuilles de salades pour qu'elles poussent, on va interagir avec l'enfant pour qu'il se développe ! »

Nathalie Casso-Vicarini, juriste et éducatrice de jeunes enfants, fondatrice d'Ensemble pour la petite enfanceExtrait du n°16, p. 62

Dans un encadré, Nathalie Casso-Vicarini y ajoute son expérience, de l'Inde à l'Italie, et un repère issu de la psychologie du développement pour aider l'éducateur à ajuster son action à chaque enfant.

Questions fréquentes

Existe-t-il une pédagogie officielle pour les bébés ?

Non, il n'y a pas de programme éducatif national pour la petite enfance. La Charte nationale pour l'accueil du jeune enfant fixe toutefois dix principes inscrits dans la loi, qui partent des besoins de l'enfant.

Un bébé peut-il apprendre en explorant seul ?

Pas tout à fait, selon l'article : son autonomie est relative. Il a besoin d'une réponse de son entourage et d'un adulte référent, notamment parce qu'il ne sait pas encore réguler ses émotions.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°16

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. L'historique de la petite enfance, de l'hygiénisme aux recherches sur l'attachement.
  2. Deux « clés pour agir » pour les professionnels : posture et rituels d'un côté, jeu libre et itinérance de l'autre.
  3. Le rôle des Maisons des 1000 premiers jours et des groupes de parents.
  4. L'encadré de Nathalie Casso-Vicarini sur l'observation, les expériences à l'étranger et la zone de développement de chaque enfant.
  5. Le plaidoyer de l'association pour un socle commun de formation.
Couverture du n°16
Pour lire l'article en entier

n°16 · Libertés pédagogiques (mode d'emploi)

+ frais de port · paiement unique, sans engagement
Je le commande sur la boutique ↗
Livraison par La Poste · Paiement sécurisé · Imprimeur français
★ Meilleure offre

Chaque numéro CHEZ VOUS, tous les deux mois

  • Sans engagement, résiliable à tout moment
  • Livré directement dans votre boîte aux lettres
  • Satisfait ou remboursé sous 14 jours

OffertEn cadeau de bienvenue, le pack de 9 conférences exclusives du 7e congrès Innovation en Éducation (valeur 69 €).

L'abonnement papier

15 €par numéro

Un numéro tous les deux mois, + frais de port. Démarrage à partir du n°36.

Je m'abonne
Dans la même thématique

Lisez aussi

Tiré du n°14
Apprendre

Un bébé est-il vraiment acteur de son développement⁠ ⁠?

On imagine souvent le nourrisson comme un être qui attend. Dans le n°14 d'Innovation en Éducation, l'association Ensemble pour la petite enfance montre au contraire un bébé qui agit dès les premières heures, à condition qu'un adulte le soutienne.

En commun : développement de l'enfant attachement

5 min de lectureÀ la maison

Tiré du n°14

Tiré du n°18
Écrans, numérique et IA

Tout-petits et écrans⁠ ⁠: pourquoi les parents sont-ils la solution⁠ ⁠?

Entre «⁠ ⁠pas d'écran avant 3 ans⁠ ⁠» et éducation numérique précoce, les parents reçoivent des messages contradictoires. Dans le n°18 d'Innovation en Éducation, une experte de la petite enfance propose des repères.

En commun : développement de l'enfant attachement

4 min de lectureÀ la maison

Tiré du n°18

Tiré du n°2
Apprendre

Pourquoi les deux premières années comptent-elles tant pour le cerveau⁠ ⁠?

Dans le n°2 d'Innovation en Éducation, la rédaction résume un texte de Céline Alvarez sur la plasticité du cerveau du tout-petit. Une lecture qui éclaire autant qu'elle invite à regarder autrement les journées avec un bébé.

En commun : développement de l'enfant petite enfance

4 min de lectureÀ la maison

Tiré du n°2

Tiré du n°31
Parentalité

Nos blessures d'enfance influencent-elles notre façon d'être parent⁠ ⁠?

Nous croyons agir en adultes réfléchis, mais notre enfance parle souvent plus fort. Dans le n°31 d'Innovation en Éducation, la thérapeute Aurélie Dorel invite à écouter son enfant intérieur pour mieux accompagner ses enfants.

En commun : développement de l'enfant attachement

4 min de lectureÀ la maison

Tiré du n°31

Couverture du n°36 : Agir pour leur santé : 30 solutions à tester au quotidien ★ 80 pages
Le numéro du moment

N°36 · Agir pour leur santé⁠ ⁠: 30 solutions à tester au quotidien

Sucre, légumes, junk food⁠ ⁠: VOUS SAVEZ DÉJÀ. Mais connaissez-vous ces micro-changements qui produisent les plus grands EFFETS⁠ ⁠?

En prévente jusqu’au 21 décembre 2026 inclus