Comment parents et enseignants peuvent-ils mieux travailler ensemble ?
Directeurs et associations de parents regrettent le manque d'implication des familles, qui se disent mal informées. Le n°16 d'Innovation en Éducation s'inspire d'un guide canadien pour renouer le dialogue.
Tiré du magazine · n°16Libertés pédagogiques (mode d'emploi)
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Parents et enseignants partagent le même but : le bien-être et l'instruction de l'enfant. Pourtant, le dialogue n'est pas toujours au rendez-vous. Les directeurs d'établissement et les associations de parents d'élèves regrettent souvent le manque d'implication des familles, alors que celles-ci se disent mal informées, ou voient mal comment s'impliquer davantage avec leurs obligations. Pour avancer, le n°16 d'Innovation en Éducation s'inspire d'un guide du ministère de l'Éducation de l'Ontario, qui rassemble vingt-six idées pour accroître la participation des parents à l'école.
Par où commencer quand on veut impliquer les parents ?
Par les écouter. Avant de lancer quoi que ce soit, l'article recommande un sondage auprès des familles, par un simple questionnaire en ligne, pour savoir ce qui pourrait les amener à s'engager. Il peut proposer une liste d'activités, laisser les parents indiquer les compétences qu'ils sont prêts à offrir, et surtout leur permettre de dire ce qui les empêche de participer. L'équipe enseignante établit ensuite un plan d'action pour l'année, qui tient compte de la réalité des familles plutôt que d'objectifs irréalisables.
L'idée est simple, mais elle déplace le point de départ : on ne demande pas aux parents de venir, on leur demande ce qui leur serait possible.
Le reste du numéro éclaire ce point. Selon une enquête IFOP citée dans un autre article, 68 % des enseignants jugent les relations avec les parents source de stress, et Isabelle Peloux conseille de présenter ses méthodes et ses attentes dès la réunion de rentrée pour établir la confiance. Beaucoup de parents, observe-t-elle, comparent surtout ce qu'ils voient avec leur propre souvenir de l'école. Le sondage proposé ici est un moyen de passer de cette comparaison à un échange.
Quelles activités rassemblent vraiment ?
Le magazine en suggère quelques-unes, qui mêlent l'utile à l'agréable : un temps convivial à la rentrée, une soirée de présentation de l'école, une conférence sur un sujet qui intéresse tous les éducateurs. Les thèmes cités vont de la communication non violente à la psychologie positive en passant par les astuces pour les devoirs. L'intérêt est que parents et enseignants se retrouvent autour des mêmes questions.
Et comment garder le lien toute l'année ?
Par une communication régulière. Ce que les parents savent de l'école dépend de ce qu'ils voient, entendent et lisent, rappelle l'article, et tous les supports peuvent servir : affichage devant l'établissement, site web, réseaux sociaux, lettres d'information, groupes de messagerie.
« Ce que les parents connaissent et perçoivent au sujet de l'école dépend de ce qu'ils voient, entendent et lisent. »
Les annonces de réunions, les comptes rendus, les événements et les appels à idées y trouvent leur place. Ces canaux peuvent aussi servir aux parents pour partager ce qui facilite la vie des enseignants.
Une idée traverse cette partie : les parents s'engagent plus volontiers quand l'école leur propose quelque chose qui répond à un besoin réel, et pas seulement une réunion de plus. Le guide ontarien insiste sur ce point, et le magazine le reprend en soulignant que ces rendez-vous sont d'abord de bons moments de partage entre adultes qui ont les mêmes questions.
Que demande-t-on à chacun ?
Le texte termine par un message aux deux parties. Aux enseignants, il suggère de supprimer le jargon qui exclut, d'ouvrir les portes et de donner aux parents les moyens de s'exprimer. Aux parents, il rappelle que les enseignants veulent autant qu'eux l'épanouissement de leurs enfants, et que l'école d'aujourd'hui n'est pas celle d'hier.
« Votre expérience scolaire n'est pas celle de votre enfant […] »
Pour le magazine, la cohérence entre éducation à la maison et éducation à l'école compte : l'enfant n'est qu'un.
Le message vaut dans les deux sens. Le texte estime que l'éducation doit être une préoccupation de toute la société pour que les changements soient durables, et que cela commence par la cohérence entre ce que vit l'enfant chez lui et à l'école. Chacun a le pouvoir de semer une graine, et la confiance mutuelle est la condition pour servir une mission commune.
Questions fréquentes
Pourquoi le dialogue entre parents et enseignants est-il parfois difficile ?
Chaque côté perçoit un manque de l'autre : les directeurs et associations regrettent l'absence des parents, ceux-ci se disent mal informés ou manquent de temps pour s'impliquer.
Que peut faire l'école pour mieux informer les parents ?
Selon l'article, multiplier les canaux de communication et les utiliser régulièrement, pour que les familles voient, entendent et lisent ce qui se passe à l'école.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les trois grandes pistes tirées du guide ontarien : mieux connaître les besoins, organiser des activités qui fédèrent, outiller la communication.
- La liste des thèmes de conférences et d'activités de rentrée proposés.
- Le détail des supports de communication, et ce que l'on peut y faire passer.
- Le lien vers le guide original, en ligne.
